Richard Riani alerte sur le "sacrifice culturel" de l’État

Alors que le gouvernement prépare de nouvelles mesures budgétaires, l’artiste peintre Richard Riani alerte sur les conséquences que pourraient avoir les restrictions annoncées sur le secteur culturel.
À l’aube de ce qu’il présente comme l’acte 3 de la révolte lycéenne, Richard Riani tire la sonnette d’alarme. Pour l’artiste peintre, les politiques budgétaires annoncées risquent de faire peser une nouvelle fois l’effort sur les secteurs les plus fragiles, au premier rang desquels figure, selon lui, le monde culturel.
Dans un communiqué au ton résolument critique, l’artiste saint-pierrois s’en prend aux choix économiques du gouvernement. Il dénonce notamment les mesures concernant les retraites et la multiplication des taxes, qu’il considère comme autant de décisions susceptibles d’accentuer la précarité des Français.
Une culture déjà fragilisée
Richard Riani s’inquiète particulièrement des conséquences que pourraient avoir les réductions budgétaires sur le secteur culturel. Il évoque une diminution de 96 millions d’euros et redoute les effets en cascade d’une telle contraction des moyens. "Entre la diminution des spectacles, moins d’expositions, moins de diffusions, moins d’acquisitions d’œuvres, la fermeture des lieux culturels et la mort des associations artistiques", écrit-il, la culture pourrait, selon lui, être directement menacée.
L’artiste rappelle également le poids économique du secteur culturel. Il met en avant les chiffres qu’il cite dans son communiqué — 54 milliards d’euros de valeur ajoutée, plus de 770.000 emplois et 2,9 % du PIB — pour souligner que la culture ne devrait pas être considérée comme une simple dépense publique.
Pour Richard Riani, son rôle dépasse largement la seule dimension artistique : elle participe à l’économie, à l'emploi, à l'attractivité des territoires et au lien social.
"Un peuple sans culture lé kom un piédbois san rasine"
Au-delà des chiffres, c’est une vision de la société que défend l’artiste. Il estime qu’un affaiblissement durable de la politique culturelle française pourrait avoir des conséquences profondes sur la cohésion du pays et sur son identité. "Un peuple sans culture lé kom un piédbois san rasine", insiste-t-il.
Richard Riani s’inquiète également du risque de voir la France perdre progressivement sa place historique dans le domaine des arts et de la création. Il appelle les pouvoirs publics à préserver ce patrimoine et à continuer de soutenir la création contemporaine.
Des économies à rechercher ailleurs
L’artiste ne se contente pas de dénoncer. Il avance également plusieurs pistes d’économies budgétaires. Il propose notamment la suppression du Sénat, la réduction du nombre de députés, la fin de certains avantages accordés aux anciens présidents de la République ainsi qu’une remise à plat des nombreuses agences de l’État.
Selon lui, ces mesures permettraient de dégager d’importantes économies et d’éviter de faire peser les efforts budgétaires sur les secteurs essentiels à la société.
Richard Riani cite également l’exemple de l’Irlande, qui a expérimenté depuis 2022 un dispositif de revenu destiné aux artistes. Pour l’artiste réunionnais, cette initiative illustre la possibilité de considérer la création artistique comme un véritable investissement économique et social.
"Redonner de l’espoir et du rêve à notre jeunesse"
Au-delà de la polémique budgétaire, le message de Richard Riani se veut finalement un appel politique. L’artiste estime que l’affaiblissement des politiques culturelles, combiné aux difficultés économiques et sociales, peut nourrir le découragement et favoriser la progression des mouvements extrêmes. "A force tire si la kord li va kassé", prévient-il, appelant les responsables politiques à prendre la mesure de la situation avant que les tensions sociales ne deviennent irréversibles.
Richard Riani adresse ainsi une demande au futur gouvernement : redonner une place centrale à la culture, soutenir les artistes et offrir à la jeunesse des perspectives, de l’espoir et du rêve. Pour l’artiste, la France doit continuer à faire vivre son héritage culturel et artistique afin de conserver sa place sur la scène internationale.
"Redonner à la France ses lettres de noblesse pour rester l’antre mondiale de l’art": telle est, en définitive, l’ambition défendue par Richard Riani.


