Piton de la Fournaise : des signaux qui réveillent l’attention

Le bilan mensuel de l’OVPF confirme une reprise de l’activité interne du Piton de la Fournaise en septembre. Inflation sommitale, hausse de la sismicité et évolution des gaz depuis le 17 septembre traduisent une pressurisation du réservoir superficiel, sans activité éruptive observée à ce stade.
Le mois de septembre a confirmé une reprise d’activité interne au Piton de la Fournaise. Les paramètres suivis par l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) montrent une poursuite de la mise en pression du réservoir magmatique superficiel.
Après l’arrêt observé en juin, l’édifice est de nouveau en inflation depuis le début du mois d’août. L’extension de la zone sommitale est estimée à environ 2 cm. Les modélisations situent la source principale de cette inflation sous la zone sommitale, à environ 1,6 km au-dessus du niveau de la mer. Pour l’OVPF, cette source superficielle pourrait être liée à une mise en pression du réservoir magmatique superficiel.
La sismicité va dans le même sens. En septembre, 222 séismes volcano-tectoniques superficiels ont été enregistrés, principalement sous les cratères sommitaux Bory et Dolomieu. L’observatoire a également recensé 60 séismes profonds, localisés entre 6 et 8 km sous le niveau de la mer, à l’ouest du sommet.
La hausse de la sismicité superficielle est particulièrement marquée à partir du 17 septembre. La majorité des événements reste de faible magnitude, ce qui limite leur localisation précise, mais leur évolution traduit une accélération de l’activité sous le sommet.
L’OVPF a aussi relevé 142 éboulements ou effondrements au cours du mois. Comme les mois précédents, ils sont observés notamment au niveau du sommet, du cassé de la Rivière de l’Est, ainsi que sur les cônes éruptifs et les coulées récemment mises en place sur le flanc est-sud-est.
Augmentation du soufre également
Du côté des gaz, les concentrations de SO₂ et de H₂S au sommet étaient restées faibles depuis la fin de l’éruption de février-avril, à des niveaux habituels de période d’inactivité. Mais depuis la mi-septembre, l’OVPF observe une nouvelle augmentation des espèces soufrées (regroupent l'ensemble des composés chimiques contenant de l'élément soufre) au-delà des niveaux de fond. Les flux de SO₂ dans l’Enclos Fouqué restent toutefois faibles, proches ou en dessous du seuil de détection.
Le bilan mensuel est donc celui d’un volcan qui se recharge, sans passage à l’éruption à ce stade. L’OVPF rappelle que cette pressurisation peut se poursuivre plusieurs semaines à plusieurs mois avant une éventuelle rupture du toit du réservoir et une injection de magma vers la surface. Elle peut aussi s’arrêter sans donner lieu à une éruption à brève échéance.


