“On était là pour nos droits, pas pour tout ça” : des lycéens dénoncent les violences aux abords de Patu-de-Rosemont

Un rassemblement lycéen a dégénéré ce lundi matin aux abords du lycée Patu-de-Rosemont, à Saint-Benoît. Véhicules dégradés, jets de projectiles, poubelles incendiées : des jeunes venus manifester pacifiquement dénoncent les agissements de ceux qu’ils décrivent comme des “casseurs”. Les tensions ont également entraîné le "confinement" des lycéens et la fermeture de l’école maternelle Les Girofles. Cette dernière ainsi que l'école élémentaire des Girofles resteront fermées mardi, annonce la mairie de Saint-Benoît.
Des galets jonchant le sol, des voitures d’enseignants abîmées et des forces de l’ordre prises pour cible. Ce lundi matin, aux abords du lycée Patu-de-Rosemont, la mobilisation des lycéens a rapidement laissé place à des heurts.
Des jeunes venus manifester pacifiquement se sont retrouvés au milieu de violences qu’ils tiennent à dénoncer.
Parmi eux, trois lycéens rencontrés sur place, dont Mathéo et Laïa. Ils expliquent avoir préparé des affiches pour défendre leurs droits. “Mais il y a des gens qui ont commencé à faire n’importe quoi, des casseurs”, dénoncent-ils.
Les jeunes racontent avoir rapidement vu des bouteilles et des cailloux lancés en direction des gendarmes et de leurs véhicules. Ils évoquent aussi des voitures dégradées. Pour eux, ces actes ne font que brouiller leur message : “En fait, ça nous décrédibilise. De base on était là pour nos droits, pas pour tout ça.”
Leur crainte est désormais d’être assimilés aux auteurs des violences. “On est là pour défendre nos valeurs. Eux ils veulent casser. Après on va être associés à eux et ça va tout gâcher.”

Des véhicules dégradés et une tentative d’intrusion
Dans son bilan, la préfecture fait état d’“une cinquantaine de lycéens” rassemblés devant Patu-de-Rosemont. Sur le terrain, les forces de l’ordre présentes évoquaient plus d’une centaine de jeunes dans le secteur au plus fort de la mobilisation.
La préfecture confirme qu’“une tentative d’intrusion dans l’établissement a été empêchée”. Elle signale également des dégradations et des tentatives d’incendie. “Des véhicules appartenant à des enseignants ont notamment été dégradés par des jets de projectiles sur le parking de l’établissement”, précise-t-elle.
Sur place, des poubelles ont été incendiées et les gendarmes ont essuyé des jets de projectiles. L’un d’eux a été légèrement blessé. Épaulés par des gendarmes mobiles, ils ont fait usage à plusieurs reprises de gaz lacrymogène pour disperser les groupes. Des jeunes se sont ensuite regroupés plus bas, au niveau du rond-point situé non loin de l’école des Girofles.

Une cellule d’écoute activée à l'école Les Girofles
Les violences ont eu des répercussions dans les établissements voisins. Les élèves du lycée Patu-de-Rosemont ont dû être confinés dans leurs classes tout au long de la matinée avant de pouvoir quitter l’établissement à midi, une fois le calme revenu aux abords du lycée.
À l’école élémentaire des Girofles, le rectorat a déclenché en milieu de matinée le Plan particulier de mise en sûreté (PPMS), entraînant le confinement des élèves dans leurs classes. Les enfants ont été mis à l’abri sous leurs bureaux pour les protéger d’éventuels jets de projectiles en direction des classes. Cette mise en sûreté fait l’objet d’exercices répétés tout au long de l’année au sein de l’école.
L’établissement précise que de l’eau a été distribuée aux enfants et que des activités ont permis de les occuper et de limiter leur stress. Si des jeunes extérieurs à l’école sont montés sur le mur, il n’y aurait pas eu d’intrusion dans l’établissement.
Les parents ont pu récupérer les enfants à midi et les cours ont repris dans l’après-midi, à l’école élémentaire comme au lycée Patu-de-Rosemont.
Une cellule d’écoute psychologique a également été mise en place par le rectorat pour prendre en charge les enfants qui auraient pu être stressés par les événements et les bruits de heurts aux abords de l’école.

Des menaces sur les réseaux sociaux
La situation était différente à la maternelle Les Girofles, où l’accès au portail ne pouvait être assuré. “Afin de garantir la sécurité des enfants et des personnels, la Ville, en lien avec le rectorat, a décidé de maintenir l’école fermée pour la journée”, a annoncé la municipalité dans un communiqué. Les enseignants et les agents communaux déjà présents ont dû rester confinés jusqu’à la sécurisation des lieux.
Les tensions étaient déjà présentes sur les réseaux sociaux les jours précédents. Selon nos informations, des menaces visant le chef d’établissement du lycée Patu-de-Rosemont auraient notamment circulé avant les événements de ce lundi matin.

Le calme est revenu en fin de matinée
Les gendarmes ont repris le contrôle du rond-point et dispersé les groupes en fin de matinée, permettant un retour au calme avec l’appui de la police municipale.
Lire aussi : Heurts à Saint-Benoît : un policier municipal blessé, la mairie envisage de porter plainte
La Ville a également rapporté qu’un policier municipal avait été blessé par un jet de bouteille. Elle envisage de déposer plainte et de se constituer partie civile, tout en condamnant des violences qui, selon elle, “ne relèvent en rien d’une mobilisation lycéenne pacifique”.
Les deux écoles des Girofles fermées mardi 6 octobre
Les écoles maternelle et élémentaire Les Girofles resteront fermées mardi 6 octobre 2026, annonce la Ville de Saint-Benoît après les troubles survenus lundi aux abords des établissements scolaires.
Cette décision, prise en lien avec le rectorat, la sous-préfecture et la gendarmerie, vise à garantir la sécurité des élèves et des personnels.
“La continuité pédagogique sera assurée”, précise la municipalité. Les parents sont invités à contacter la direction de leur école pour connaître les modalités mises en place et à suivre les informations diffusées par la Ville et le rectorat.


