Mouvement lycéen : les syndicats de police appellent à "rétablir l’ordre, mais aussi les faits"

Alors que la mobilisation lycéenne se poursuit dans plusieurs régions de France et que des incidents violents ont émaillé certains blocages d’établissements, cinq organisations syndicales représentant les forces de l’ordre prennent la parole pour défendre les policiers engagés sur le terrain.
Dans un communiqué commun, l’UNSA Police, le SCSI, ALTERNATIVE Police, le SCPN et l’UDO réaffirment leur "total soutien" aux policiers mobilisés lors des blocages de lycées et des violences qui ont suivi certains rassemblements.
Intitulé "Mouvement lycéen : rétablir l’ordre, rétablir aussi les faits !", le texte entend répondre aux critiques visant l’action des forces de l’ordre. Les organisations syndicales dénoncent ce qu’elles considèrent comme une présentation partiale des interventions policières et appellent à "corriger des inexactitudes".
Les syndicats contestent les accusations de violences policières
Les organisations signataires affirment notamment que les policiers engagés dans le rétablissement de l’ordre public "n’utilisent pas d’armes létales". Elles soutiennent également que les forces de l’ordre sont elles-mêmes prises pour cible lors de certaines interventions, au même titre, selon elles, que les sapeurs-pompiers appelés à intervenir sur des incendies.
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Les syndicats réfutent par ailleurs toute responsabilité des policiers dans les dégradations et les incendies volontaires constatés en marge de certaines mobilisations. Ils affirment que leur rôle consiste au contraire à intervenir pour mettre fin aux violences et aux exactions.
Selon eux, certains agents auraient été confrontés à des jets de projectiles et à l'utilisation de mortiers d'artifice ainsi qu'à des projections de substances dangereuses.
Ces accusations interviennent dans un contexte particulièrement tendu. Plusieurs sources ont fait état d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, ainsi que de dégradations et d'incendies en marge des mobilisations. Dans le même temps, des associations et des observateurs dénoncent des interventions policières qu'ils estiment disproportionnées, et plusieurs enquêtes ont été ouvertes concernant des blessures de manifestants.
LFI et le Syndicat de la magistrature directement visés
Dans leur communiqué, les cinq organisations syndicales s'en prennent également aux prises de position de La France insoumise (LFI) et du Syndicat de la magistrature.
Elles dénoncent des "éléments de langage" qu'elles estiment relayés par ces acteurs puis repris dans certaines communications publiques, avec pour conséquence, selon elles, de mettre systématiquement en cause les forces de l'ordre.
Le débat est particulièrement politisé depuis le début du mouvement. Le gouvernement a dénoncé les violences commises lors de certains blocages, tandis que des responsables de LFI ont, de leur côté, critiqué la réponse policière et appelé à davantage de retenue.
Cette confrontation des récits intervient alors que le mouvement lycéen porte également des revendications concernant les conditions d'enseignement, le manque de personnels, la surcharge des classes et l'état des établissements scolaires.
Pour les organisations signataires, la question n'est donc pas seulement celle du maintien de l'ordre, mais aussi celle de la perception du travail policier dans un contexte de forte tension sociale.
Le communiqué se conclut ainsi par un appel à distinguer les responsabilités : selon les syndicats, les policiers doivent pouvoir exercer leur mission sans être systématiquement désignés comme responsables des violences qui surviennent lors des mobilisations.
Une position qui intervient alors que les autorités comme les organisations de défense des droits et plusieurs syndicats continuent de s'opposer sur l'interprétation des violences et sur les conditions dans lesquelles les forces de l'ordre interviennent face aux manifestants.


