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Face aux "colères", la FSU défend les services publics “plutôt que de la répression”

Ecrit par P.M. – le lundi 5 octobre 2026 à 18H51
Béatrice Fauvinet, co-secrétaire générale de la FSU territoriale, et Véronique Vaslot, secrétaire nationale, ont animé ce lundi une formation au lycée Bel-Air de Sainte-Suzanne, dans le cadre de leur déplacement à La Réunion pour préparer les élections professionnelles du 10 décembre.

La FSU et d’autres organisations syndicales appellent les personnels à faire grève ce mardi 6 octobre, lors d’une nouvelle journée de mobilisation des lycéens. Présentes dans l’île, Béatrice Fauvinet, co-secrétaire générale de la FSU territoriale, et Véronique Vaslot, secrétaire nationale, relient les inquiétudes de la jeunesse à celles des agents. Leur réponse : renforcer les services publics, de l’école aux collectivités, et porter une parole syndicale indépendante du pouvoir.

Véronique Vaslot et Béatrice Fauvinet sont présentes cette semaine à La Réunion pour des formations en vue des élections professionnelles du 10 décembre. Ce lundi, elles étaient au lycée Bel-Air de Sainte-Suzanne. Prévu de longue date, leur déplacement intervient en pleine mobilisation lycéenne, un sujet qui s’est invité dans les échanges.

L’appel à la grève de mardi vise à soutenir cette jeunesse. “C’est en solidarité”, explique Béatrice Fauvinet, qui décrit “une jeunesse qui se désenchante”.

Dans les demandes des élèves, la co-secrétaire générale retrouve les préoccupations des personnels de l’éducation : Parcoursup, le manque de professeurs, le manque de moyens et les conditions d’enseignement. “Ce sont exactement ce que les jeunes aujourd’hui réclament”, souligne-t-elle. “On se retrouve sur les revendications.”

Lire aussi : Mobilisation des lycéens : quatre syndicats appellent à les soutenir et à manifester le mardi 6 octobre

“Une colère qui est globale”

Pour la syndicaliste, la réponse apportée aux lycéens a aggravé la situation. “On a une jeunesse qui a voulu revendiquer et qui s’est retrouvée face au mur de l’État avec des réponses assez violentes de gendarmerie et de répression.”

Elle distingue cependant les élèves mobilisés des auteurs de dégradations aux abords des établissements. Sans approuver ces violences, elle y voit aussi le signe d’un malaise plus large.

“Ces jeunes lycéens qui se mobilisent pour leur avenir sont à l’image d’une société qui est aujourd’hui assez en tension”, observe-t-elle. Elle évoque la crise économique, la hausse des prix de l’essence et de l’alimentation, ainsi que “l’incompréhension des réponses qui sont proposées par l’État”.

“C’est une colère qui est globale, qui est en train de se mettre en place”, estime Béatrice Fauvinet. “Plutôt que de la répression”, elle plaide pour renforcer les moyens consacrés aux éducateurs de rue et à la médiation sociale.

Face aux tensions autour des établissements scolaires, le syndicat appelle à davantage de service public et de présence auprès des jeunes. La co-secrétaire générale de la FSU territoriale réclame notamment des moyens pour les centres sociaux, “qui sont à plein d’endroits en train de fermer”, afin de leur permettre d’aller vers ceux “qui sont peut-être en déshérence, qui sont peut-être en souffrance, qui sont en manque de projets”.

“La façon dont on gère l’espace public aujourd’hui pour ces jeunes-là, elle est interrogée”, juge la syndicaliste.

Les services territoriaux aussi concernés

La solidarité avec les lycéens rejoint les revendications de la FSU territoriale. Le syndicat avait déjà déposé un préavis de grève couvrant le mois d’octobre, avec des demandes sur les salaires, la précarité et les recrutements.

“Dans la fonction publique territoriale, aujourd’hui, on a un enjeu, c’est les budgets”, poursuit la syndicaliste.

Alors que les collectivités vont débattre de leurs finances, elle s’inquiète des dotations de l’État et de la perspective d’une nouvelle “année blanche”. “Ça veut dire une baisse des dotations, ça veut dire des questionnements sur l’exercice des missions de services publics à venir”, prévient-elle. Elle souligne également les conséquences sur les conditions de vie et de travail des agents.

Une section à la mairie de Sainte-Suzanne

La FSU territoriale entend défendre ces moyens avec une parole indépendante du pouvoir, en interpellant l’État comme les employeurs locaux.

Pour se faire entendre, le syndicat présentera 15 listes dans différentes mairies et intercommunalités (EPCI), au Département, à la Région, mais aussi au SDIS et dans d’autres établissements publics lors des élections professionnelles du 10 décembre.

Le syndicat poursuit son implantation dans les collectivités, à l’image de la mairie de Sainte-Suzanne, où une section vient d’ouvrir avec Max Carpin à sa tête.

Etiquettes : Elections | FSU | PU1 | syndicats

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