Après une journée mouvementée, les lycées de l’Est sous haute surveillance

Après une journée particulièrement agitée lundi 5 octobre aux abords de plusieurs lycées de l’Est de La Réunion, la situation était nettement plus calme ce mardi matin. D’importants dispositifs de forces de l’ordre ont été déployés afin d’éviter une répétition des incidents de la veille.
Quelques tensions ont toutefois été signalées. Des gendarmes ont notamment été caillassés devant le lycée de Bel-Air, à Sainte-Suzanne, ainsi qu’au lycée Paul-Moreau, à Bras-Panon. Des incidents qui restent néanmoins sans commune mesure avec les violences observées lundi devant le lycée Patu-de-Rosemont, à Saint-Benoît. Dans certains établissements, des cours à distance ont par ailleurs été mis en place.
"Ce ne sont pas les élèves des lycées qui sont des casseurs"
À Bel-Air, plusieurs lycéens rencontrés par notre journaliste ont expliqué les raisons de leur mobilisation. Parmi leurs principales revendications : Parcoursup, mais aussi les conditions dans lesquelles se déroulent les réformes scolaires. "On revendique des choses qui ne sont pas si folles", témoigne une élève, qui déplore les violences venues, selon elle, parasiter la mobilisation lycéenne. "Ce ne sont pas les élèves des lycées qui sont des casseurs, ce sont des gens d'ailleurs. Mais les policiers ne gèrent pas bien la chose également, enfin, l'État."
La lycéenne dénonce notamment le fonctionnement de Parcoursup : "Nous nous sommes mobilisés contre Parcoursup car je ne trouve pas ça normal qu'un robot choisisse notre avenir."
Un autre élève critique également le système d’affectation et son fonctionnement, en évoquant une anecdote devenue virale selon laquelle une recette de brownie aurait été intégrée à Parcoursup et aurait obtenu tous ses vœux.
Une autre lycéenne pointe, elle, la réforme du baccalauréat et le niveau d’exigence demandé aux élèves : "Ils disent tous que nous sommes de plus en plus bêtes, du coup ils augmentent cette année la difficulté du baccalauréat pour nous, les premières, comme quoi on l'aurait plus facilement. On est bêtes quand ça les arrange."



Un calme relatif devant Jean-Perrin
Direction ensuite le lycée Jean-Perrin, à Saint-André. Là encore, malgré une présence policière particulièrement importante, aucun incident notable n’a été signalé dans la matinée.

À Patu-de-Rosemont (Saint-Benoît), épicentre des violences de la veille, le contraste est saisissant. Le calme règne devant l’établissement, sous la surveillance étroite des gendarmes. L’absentéisme semble important et aucun enseignant n’était visible sur place au moment du passage de notre journaliste. Les quelques jeunes se présentant pour aller en cours faisaient l’objet de contrôles.

Lire aussi : “On était là pour nos droits, pas pour tout ça” : des lycéens dénoncent les violences aux abords de Patu-de-Rosemont
Un départ de feu lundi soir
La journée de lundi avait été marquée par de violents incidents aux abords du lycée Patu-de-Rosemont. Véhicules dégradés, jets de projectiles et poubelles incendiées avaient accompagné un rassemblement lycéen qui se voulait initialement pacifique. Plusieurs jeunes avaient alors dénoncé la présence de "casseurs" venus, selon eux, perturber leur mobilisation.
Les tensions avaient également conduit au confinement des lycéens et à la fermeture de l’école maternelle Les Girofles. La mairie de Saint-Benoît avait annoncé que cette dernière, ainsi que l’école élémentaire des Girofles, resteraient fermées mardi.
Les pompiers et les forces de l’ordre ont également dû intervenir lundi soir, vers 20 heures, après un début d’incendie dans l’enceinte du lycée. Le feu a rapidement été maîtrisé et les dégâts seraient limités.
Lire aussi : Saint-Benoît : un début d’incendie au lycée Patu-de-Rosemont après les heurts de la matinée
Selon une source proche des événements, un "projectile enflammé" aurait été lancé dans l’enceinte de l’établissement et pourrait être à l’origine du départ de feu. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux en début de soirée montre effectivement le début de l’incendie.
Ce mardi, le important dispositif de sécurité déployé autour des établissements de l’Est semble donc avoir permis de ramener le calme. Reste à savoir si cette accalmie se poursuivra dans la journée et les prochains jours, alors que les revendications des lycéens demeurent intactes.


