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"Aucun remord, aucune excuse" : Julien Baleinier condamné à 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son ex-compagne

Ecrit par L.C – le mardi 6 octobre 2026 à 19H50

Après deux jours de procès aux assises, Julien Baleinier a été condamné à une peine de 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son ex-compagne, Kamla Beechouk. Pendant les deux jours, l’homme a livré des versions contradictoires, campant sur ses positions.

Que s’est-il réellement passé en cette journée du 18 juillet 2024 dans le domicile de Kamla Beechouk ? Qu’est-ce qui a conduit à son meurtre par son ex-compagnon, Julien Baleinier ? Le procès aux assises touche à sa fin et pourtant, il est difficile de savoir ce qui a poussé le gramoune à tuer sauvagement sa compagne.

Pour rappel, le corps de la Mauricienne avait été retrouvé à son domicile de Saint-Leu, dans une mare de sang. Après plusieurs semaines de traque, le GIGN parvint à mettre la main sur Julien Baleinier au détour d’une ravine.

Pas de regret

L’homme de 64 ans est longuement interrogé en cette matinée du 6 octobre. On le questionne sur sa relation avec Kamla Beechouk : marié en 2002, il assure n’avoir connu qu’elle. Mais, après leur séparation en 2022 et sa condamnation pour des violences conjugales, ils se séparent.

Pendant l’audience, on diffuse une photo du visage tuméfié de Kamla Beechouk. Le vieil homme dans le box des accusés y jette un œil, patibulaire, mais reste de marbre. Selon lui, ce n’est pas à cause de ses coups qu’elle est blessée. Il bafouille une histoire où, à cause de l’alcool, elle se serait blessée elle-même.

Lire aussi : Meurtre de Kamla Beechouk : la cavale de Justin Baleiner racontée au premier jour du procès

Il met en avant ses défauts : la victime ne s’occupait plus correctement du ménage, des courses, elle buvait trop… Tantôt, il reconnaît une gifle, un jour, mais on lui rappelle que les violences auraient débuté dès 2015… Un peu plus tard, l’avocate générale lui demande s’il regrette son geste : « Non ».

Version changeante

On en vient à la journée du 18 juillet. Le récit est laconique, certains éléments changent. On sait que ce jour-là, l’ancien couple prend un café chez madame. Une dispute éclate et s’ensuit une bagarre selon le mis en cause.

Lui avance qu’elle lui a mis un coup de poing alors qu’il était assis, lui brisant une dent. De ce postulat, Kamla Beechouk aurait attrapé une hachette pour l’agresser et Julien Baleinier la désarme d’un coup de pied. Se saisissant de l’arme, il la frappe à la tête.

Qu’est-ce qui l’a poussé à agir ainsi ? Une fois, c’est parce que la victime l’aurait menacé de le faire tuer par sa famille à Maurice, ou enfermer en prison, ou son amant lui aurait donné des outils pour le tuer, ou il s’est énervé car madame aurait insulté sa mère… « Ah c’est nouveau ça », commente ironiquement l’avocate générale.

« L’intention de la tuer était là »

Comme une réalité immuable, l’accusation rappelle les chiffres inquiétants qui frappent notre île et qui concernent les violences conjugales. L’avocate générale pointe du doigt les nombreuses déclarations changeantes de l’accusé et narre en préambule le contexte dans lequel le couple était avant les faits.

Un couple où l’amour et la sécurité ont laissé place à la peur. Comment la dispute a-t-elle éclaté en ce mois de juillet 2024 ? Difficile d’y répondre, mais une chose est sûre, « l’intention de la tuer était là ». Elle revient longuement sur la scène de crime d’une « violence inouïe ».

Elle martèle que Justin Baleinier ne possède pas de troubles psychiques et a pleinement conscience des notions de bien et de mal. L’expert a lui-même rappelé que le risque de récidive est réel, le gramoune présentant une certaine dangerosité.

Pour toutes ces raisons, elle requiert une peine de 30 ans de réclusion criminelle. « Il savait ce qu’il faisait ».

La thèse de la bagarre plausible pour la défense

Maître Guillaume Albon entame sa plaidoirie en soulignant l’absence de partie civile dans ce dossier. Il rejoint les derniers propos de l’avocate générale, qui le déplore également. La défense ne cherche pas à minimiser les actions de Justin Baleinier.

Comme l’a expliqué le mis en cause à plusieurs reprises, c’est Kamla Beechouk qui se serait saisie de la hachette en première. Le bleu sur son poignet est compatible avec la version de l’accusé qui dit l’avoir désarmée.

La robe noire rappelle que cela ne minimise en aucun cas les faits de son client. Sur son manque d’excuses et de remords, là aussi, Maître Guillaume Albon dresse le portrait de Justin Baleinier : "un homme entouré d’une famille, seul dans sa tête, pragmatique, qui n’a jamais laissé filtrer une émotion."

Lui et sa vision du couple d’antan, qui avait une confiance réelle en la victime et qu’il avait par ailleurs accepté leur séparation. L’avocat balaie la thèse du ministère public, qui évoquait que Justin Baleinier n’aurait pas supporté que son ancienne compagne déménage loin de lui. Il plaide aux jurés de juger son client avec humanité.

Après délibération, Justin Baleinier est condamné à une peine de 25 ans de réclusion criminelle.

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