Mort de Lina en cours d’EPS : son ancienne professeure relaxée

Le tribunal correctionnel de Saint-Pierre a rendu ce mardi 6 octobre sa décision dans l’affaire de la mort de Lina, 12 ans, décédée après un malaise en cours d’EPS au collège Saint-Charles en 2020. Son ancienne professeure de sport, poursuivie pour non-assistance à mineur en danger, a été relaxée, comme l'avait demandé la procureure lors de l’audience du 24 septembre.
Six ans après le drame, la justice a tranché. Ce mardi 6 octobre, le tribunal correctionnel de Saint-Pierre a relaxée Marie-Yolaine B., l’ancienne professeure d’EPS de Lina, jugée pour non-assistance à mineur en danger. La Justice estimant que les faits de non-assistance à personne en danger n'était pas caractérisés.
Lina avait 12 ans lorsqu’elle s’est effondrée, le 3 février 2020, pendant un cours d’EPS au collège Saint-Charles, à Saint-Pierre. Ce jour-là, la séance devait initialement porter sur du volley. Le terrain étant détrempé, l’enseignante avait finalement proposé aux élèves de courir ou marcher autour du terrain.
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Après plusieurs tours, Lina était venue dire à sa professeure qu’elle était fatiguée. L’enseignante l’avait invitée à s’asseoir à l’ombre. Quelques instants plus tard, l’adolescente faisait un malaise. D’autres professeurs étaient ensuite intervenus. Lina avait été placée en position latérale de sécurité, un massage cardiaque avait été pratiqué, puis les secours avaient été appelés. Le décès avait été déclaré à 11h30.
“Je croyais que c’était toujours possible”
À l’audience du 24 septembre, l’ancienne professeure avait reconnu ne pas avoir immédiatement appelé les secours. Elle avait expliqué avoir d’abord pensé à un malaise comparable aux précédents épisodes connus de l’élève, qualifiés à l’époque de malaises vagaux sans gravité.
“Je n’ai pas vu un signe de détresse, même pas de signe de fatigue”, avait-elle déclaré. Elle avait aussi expliqué avoir pris le pouls de Lina, perçu un souffle et tenté de la redresser. “J’ai cru que c’était possible de la ranimer plutôt qu’appeler les secours”, avait-elle indiqué aux enquêteurs.
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Face au tribunal, l’ancienne enseignante avait toutefois reconnu qu’avec le recul, elle n’aurait pas agi de la même manière. “C’est une tragédie horrible d’avoir une élève de 12 ans qui meure dans son cours”, avait-elle confié en pleurs.
Une famille toujours en quête de réponses
La famille de Lina dénonçait de son côté une succession de négligences, notamment le délai d’appel aux secours. Son père estimait que les adultes présents auraient dû composer le 15 immédiatement. Les parents réclamaient un euro symbolique de dédommagement.
Pour les parties civiles, Me Aude Bousquié avait estimé que trop de temps s’était écoulé avant l’appel aux secours. À l’inverse, la procureure avait considéré que l’infraction de non-assistance n’était pas caractérisée. Selon elle, une erreur d’appréciation ne suffit pas à démontrer une abstention volontaire de porter secours.
La défense, assurée par le bâtonnier Frédéric Hoarau, avait également plaidé la relaxe, estimant que l’enseignante avait réagi dès qu’elle avait pris conscience de la gravité de la situation.


