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La Réunion : pourquoi plus d’un habitant sur trois est pauvre ?

Ecrit par J.D. – le mardi 6 octobre 2026 à 16H42
Photo d'illsutration.

La pauvreté concerne 36,4 % de la population réunionnaise en 2023, selon une étude de l’Insee publiée mardi 6 octobre. Un taux 2,3 fois supérieur à celui de l’Hexagone, avec des écarts particulièrement marqués chez les seniors. Dans neuf communes de l’île, plus de quatre habitants sur dix sont pauvres.

La pauvreté touche toutes les communes de La Réunion. Mais derrière ce constat, les disparités restent fortes, entre les territoires comme entre les générations. Dans son étude publiée ce mardi, l’Insee dresse un état des lieux des revenus des Réunionnais en 2023 : 36,4 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, contre 15,9 % dans l’Hexagone.

L’île présente ainsi un taux de pauvreté supérieur à celui de chacun des départements hexagonaux. Même la Seine-Saint-Denis, où la pauvreté est la plus répandue dans l’Hexagone, affiche une proportion inférieure, à 29,5 %.

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Le décalage se retrouve dans le niveau de vie. En 2023, la moitié des Réunionnais dispose d’un niveau de vie inférieur à 19.110 euros par an, soit environ 1.593 euros par mois. Dans l’Hexagone, cette médiane atteint 25.800 euros annuels. L’écart est de 26 %.

Cet indicateur tient compte des revenus disponibles après impôts et prestations sociales, rapportés à la composition du ménage. Il ne correspond donc pas au seul salaire. À La Réunion, il reste inférieur à celui de tous les départements hexagonaux, y compris la Seine-Saint-Denis, où le niveau de vie médian atteint 21.250 euros par an.

L’accès à l’emploi pèse sur les revenus

« Les nombreuses difficultés d’accès à l’emploi sur l’île expliquent en partie le faible niveau de vie des habitants », souligne l’Insee. En 2023, seules 50 % des personnes en âge de travailler occupent un emploi à La Réunion, soit 19 points de moins qu’au niveau national. Les salaires du secteur privé sont également plus faibles.

Les prestations sociales prennent, en contrepartie, une place plus importante dans les ressources des ménages. Elles représentent en moyenne 14,7 % de leur revenu disponible, contre 4,9 % dans l’Hexagone.

Les inégalités de niveau de vie sont aussi plus marquées sur l’île. Le rapport entre le seuil d’entrée dans les 10 % les plus aisés et le plafond de niveau de vie des 10 % les plus modestes atteint 4,3, contre 3,5 dans l’Hexagone. Les Réunionnais les plus modestes présentent un écart de revenus plus important avec leurs homologues hexagonaux que les plus aisés.

Les seniors particulièrement exposés

Toutes les catégories de ménages et toutes les tranches d’âge sont davantage touchées par la pauvreté à La Réunion. Mais c’est chez les seniors que le décalage avec l’Hexagone est le plus fort.

« En particulier, 39 % des ménages dont le référent fiscal a 75 ans ou plus sont pauvres à La Réunion », relève l’institut. Une proportion quatre fois supérieure à celle observée dans l’Hexagone, où les plus âgés constituent au contraire la tranche d’âge la moins touchée.

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Les jeunes ménages sont eux aussi fortement exposés. Lorsque le référent fiscal a entre 18 et 29 ans, le taux de pauvreté atteint 38,7 % sur l’île, contre 19,2 % dans l’Hexagone.

Le statut d’occupation du logement révèle une autre fracture : 47,4 % des ménages locataires sont pauvres, contre 26,2 % des propriétaires. Posséder son logement ne met donc pas nécessairement à l’abri. Les propriétaires réunionnais sont quatre fois plus souvent en situation de pauvreté que ceux de l’Hexagone.

À Salazie, plus d’un habitant sur deux est pauvre

« Aucune commune ou intercommunalité réunionnaise n’atteint la moyenne nationale en termes de niveau de vie et toutes présentent un taux de pauvreté supérieur », constate l’Insee.

Les cirques concentrent les taux les plus élevés. À Salazie, la pauvreté concerne 53 % de la population, soit plus d’un habitant sur deux. À Cilaos, elle touche 49 % des habitants.

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L’Est est également très concerné, avec des taux de 48 % à Sainte-Rose, 45,9 % à Saint-Benoît et 43,6 % à Saint-André. Dans le Sud, Saint-Joseph et Saint-Philippe affichent respectivement 43,8 % et 43 %. Le Port, à 44 %, et Saint-Louis, à 42 %, complètent les neuf communes où plus de quatre habitants sur dix vivent sous le seuil de pauvreté.

À l’autre extrémité, seules trois communes présentent un taux inférieur à 30 % : La Possession, à 24,8 %, L’Étang-Salé, à 27 %, et Les Avirons, à 28 %. Des proportions qui restent toutefois supérieures aux 15,9 % de l’Hexagone.

Parmi les communes les plus peuplées, Saint-Denis, à 35 %, et Saint-Pierre, à 34,8 %, se situent près de la moyenne réunionnaise. Saint-Paul affiche un taux moins élevé, à 30,4 %.

Ces données offrent une photographie de la situation en 2023. A noter que le dispositif statistique utilisé par l’Insee a fait l’objet d’une refonte, notamment après la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales. Les résultats ne sont donc pas directement comparables à ceux des années précédentes et ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer une hausse ou une baisse de la pauvreté.

Etiquettes : GU | Insee | Pauvreté

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