"N’acceptons plus que l’on décide pour la Réunion sans la Réunion" : Philippe-Alexandre Rebboah passe la main après quatre ans à la tête du SICR

Philippe-Alexandre Rebboah a présidé ce mardi soir sa dernière assemblée générale du Syndicat de l’importation et du commerce de La Réunion, au siège du Crédit Agricole à Saint-Denis. Après quatre années de mandat, son successeur sera désigné vendredi 9 octobre en conseil d’administration.
Une dernière assemblée générale et un dernier appel à mieux prendre en compte les réalités réunionnaises. Mardi 6 octobre, au siège du Crédit Agricole à Saint-Denis, Philippe-Alexandre Rebboah a dressé le bilan de ses quatre années à la tête du SICR. Élu en novembre 2022, le président sortant a retracé un mandat marqué par une succession de crises et des changements réglementaires qu’il juge insuffisamment adaptés au territoire.
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Inflation, hausse du coût du fret, tensions géopolitiques, perturbations des routes maritimes, cyclones et trésoreries fragilisées : le dirigeant est revenu sur quatre années de difficultés économiques. « Nous avons parfois protesté, nous avons souvent proposé, nous avons beaucoup négocié, mais nous n’avons jamais quitté la table des discussions », a-t-il résumé.
Son successeur sera désigné vendredi 9 octobre, lors du conseil d’administration. Selon des indiscrétions, Cédric Foucque pourrait prendre la suite. Une perspective qui reste à confirmer à l’issue de cette réunion.
Adapter les règles à une économie insulaire
Philippe-Alexandre Rebboah a placé la prise en compte des contraintes réunionnaises au cœur de son intervention. « Nos spécificités ne doivent plus être corrigées après les décisions. Elles doivent être prises en compte avant les décisions », a-t-il insisté.
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Le président sortant a notamment visé le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et la fiscalité automobile. Il a réclamé une adaptation du malus, estimant que la transition vers les véhicules électriques doit tenir compte des infrastructures de recharge, des transports collectifs et des conditions locales de production d’électricité.
"Aberration administrative"
Cette demande a trouvé un écho auprès de Pascal Plante. Le conseiller régional a rappelé le soutien de la collectivité à un moratoire de cinq ans sur le malus écologique et à une exemption des territoires ultramarins concernant le mécanisme carbone aux frontières.
Le préfet Patrice Latron a, pour sa part, qualifié ce dernier dispositif d’« aberration administrative » dans son application à La Réunion. Il a également invité les entreprises à davantage solliciter les possibilités de dérogation réglementaire et les dispositifs de simplification pour débloquer leurs projets.
Vie chère et ouverture des commerces : les dossiers restent sur la table
Sur l’octroi de mer, Philippe-Alexandre Rebboah a défendu le rôle du dispositif dans le financement des collectivités et la protection de la production locale, tout en demandant davantage de transparence, de simplification et des taux mieux calibrés.
Il a également refusé d’opposer importation et production réunionnaise. « Opposer importation et production locale est une erreur économique », a-t-il affirmé, rappelant que les entreprises locales dépendent aussi de machines, de matières premières et d’équipements importés.
Concernant la vie chère, le président sortant a plaidé pour une approche dépassant la seule question des marges. Il a mis en avant les coûts liés à l’éloignement, au stockage, au foncier, à la fiscalité et aux normes, tout en soulignant le poids de l’emploi et des revenus dans le pouvoir d’achat.
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Autre dossier laissé à la prochaine équipe : l’évolution des règles de fermeture et de repos hebdomadaire de certains commerces, issues d’arrêtés de 1966. Philippe-Alexandre Rebboah a appelé à leur modernisation par le dialogue social. Patrice Latron s’est dit prêt à accompagner de nouvelles négociations, à condition qu’une volonté majoritaire des partenaires sociaux se dégage.
Au terme de son mandat, le président sortant a enfin appelé les organisations économiques à porter davantage leurs revendications ensemble. « Nous n’avons pas tout réussi. Il reste énormément à faire », a-t-il reconnu, avant de laisser une dernière consigne à ceux qui prendront le relais : « N’acceptons plus que l’on décide pour la Réunion sans la Réunion. »


