Les raisons du placement de Foucque en redressement judiciaire

Zinfos a pu se procurer en exclusivité le compte rendu de la dernière réunion extraordinaire du comité d'entreprise de la société Foucque qui s'est tenue le 22 novembre dernier.
Dans ce document de deux pages, Rémy Briatte, le directeur de la société, a exposé aux représentants du personnel la stratégie devant aboutir à la cession de l'entreprise, tout en se gardant officiellement de nommer explicitement CMM comme repreneur, même si c'est aujourd'hui un secret de polichinelle.
Dans ce document, Rémy Briatte explique dans un premier temps les raisons de la cession du fonds de commerce de la SIGF (Société d'investissement et de gestion Foucque) au profit de la société Foucque Automobiles.
C'était en effet la SIGF qui détenait jusqu'à ce jour la carte Citroën. Or, très clairement, c'est aujourd'hui le seul bien qui ait de la valeur et le seul qui intéresse CMM. Il fallait donc trouver le moyen juridique de la faire passer dans le patrimoine de la société Foucque Automobile, qui va être reprise par CMM. L'opération s'est effectuée par le biais d'une cession du fonds de commerce, avec l'avantage pour le personnel que l'ensemble des employés soient transférés de plein droit, tout en conservant leurs acquis (ancienneté, salaires, avantages,...).
Le compte-rendu nous apprend que, "compte tenu de la situation", le comité d'entreprise a donné un avis favorable à la cession.
Puis, Rémy Briatte explique le passage de Foucque Automobile en redressement judiciaire.
Selon lui, cette opération a pour but "de garantir à tous les salariés de percevoir, par l'intermédiaire des AGS, leurs salaires de décembre 2010, ainsi que le 13ème mois".
Avec comme avantages supplémentaires d'"accélérer la cession de l'entreprise", de "geler les dettes", de "soulager la trésorerie, et de "garantir que les salariés non repris et donc éventuellement licenciés, percevront bien toutes les sommes qui leur sont dues au titre du solde de tout compte".
Ainsi apparait beaucoup plus clairement la stratégie de CMM : "On veut bien reprendre la société, mais il faut que vous fassiez le ménage auparavant". On sait que des licenciements coûtent cher, et autant faire supporter ces frais par Foucque, d'autant plus que du fait du redressement judiciaire, ces frais seront incorporés à l'ensemble du passif. Or, vu le montant des dettes, il est plus que probable que les créanciers -autres que banquiers qui ont eux pris leurs précautions- ne reverront jamais leur argent, ou alors pas avant une dizaine d'années.
Une fois les licenciements effectués -on évoque 85 licenciements mais certaines sources parlent même de 120 départs- la mariée sera assez belle pour que CMM reprenne Foucque.
Reste une interrogation : une société a de la valeur tant qu'elle n'a pas déposé son bilan. Une fois cette démarche effectuée, il est beaucoup plus intéressant pour le repreneur d'attendre que la société soit liquidée et de la récupérer pour une bouchée de pain.
Espérons que ce ne soit pas le sort qui attend la société Foucque...



