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L'approche des baleines doit se raisonner pour ne pas être interdite

La saison d'observations des cétacés s'achève. Officiellement, celle-ci s'étend du 1er juin au 30 octobre. Mais les dernières sorties de novembre ont permis aux observateurs de Globice et aux plaisanciers de prolonger le plaisir, tout en gardant à l'esprit que les modes d'approche des baleines doivent s'assainir.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 29 novembre 2011 à 07H43

"La saison est finie quand on finit d'en voir" rigole Laurent Mouysset, chargé de l'animation et du suivi administratif à Globice. L'occasion pour l'association de dresser un premier bilan à chaud. Une réunion plus solennelle avec les services de l'Etat devrait se tenir début décembre.

En matière d'approches des baleines, la saison 2011 devait servir de dernier test grandeur nature. Au début de la campagne, tous les acteurs avaient prévenu. "Ce sera l'année avant de durcir le ton" avaient convenu les membres de Globice, le sous-préfet de Saint-Paul Thomas Campeaux, Jacqueline Farreyrol présidente de l’IRT en début d'année. Une piqûre de rappel pour que la charte "pour une approche et une observation responsables des baleines à bosse" soit appliquée.

A l'époque, le retour d’expériences de la saison 2010 avait été signalé comme "mitigé". "Si la charte est à présent connue d'une grande majorité, elle est inégalement respectée, que ce soit au niveau des professionnels (même signataires), que des individuels".

Prévenir revient à promouvoir

Sans arrêter de décision sur les suites à donner à cette charte, et éventuellement à un volet plus répressif, Laurent Mouysset évoque les expériences des années passées. "2008 avait été l'année du premier grand retour des baleines. Ca avait été du grand n'importe quoi. En 2009, la charte est arrivée tard dans la saison. En plus, il y avait un grand déficit de connaissances. De 2009 à 2010, il y a eu une réelle amélioration dans les comportements". Cette année-là, l'association a aussi énormément communiqué, rappelle l'intéressé. "Mais qui dit grosse communication de prévention, dit aussi un engouement accru autour de l'événement".

Même si 2011 semble s'en tirer avec une note honorable, le mois d'août a été particulièrement poussif. D'où l'intérêt pour la petite structure de passionnés de rappeler les fondamentaux. En bateau, ralentir dès que des baleines sont observées à moins de 500m de distance. A 300m, passer au ralenti (3 à 4 noeuds maxi) s'impose. Tout comme la non poursuite de l'animal, encore moins lui couper la trajectoire ou séparer le groupe de mammifères. A 100m enfin, le bateau doit être à l'arrêt.

Quelle application de l'arrêté de juillet 2011 ?

"C'est une charte, pas une réglementation" admet Laurent Mouysset qui a lui-même observé des bateaux peu respectueux sur zone ces derniers mois. Pourtant, le filon de l'observation doit obligatoirement passer par un encadrement raisonné. "Il n'est pas question de verbalisation pour le moment" poursuit-il. Sur le plan d'eau, les moyens sont pourtant présents et mutualisés. Pêle-mêle, la gendarmerie maritime, les agents assermentés de la Réserve marine ou encore la brigade nature de l'océan Indien (BNOI) sont les yeux de la côte.

Sans doute que l'arrêté du 1er juillet 2011 fixant "la liste des mammifères marins protégés sur le territoire national et les modalités de leur protection" sera au coeur du bilan prochainement dressé de la saison. Laurent Mouysset rappelle la grande nouveauté de ce texte. "Le grand progrès de l'arrêté c'est qu'il prend désormais en compte aussi bien les espèces considérés que les espaces dans lesquels ils vivent".

Reste à savoir si un cadre plus contraignant prendra forme à la lumière de la saison d'approche des baleines qui s'achève. Une attention nécessaire pour ne pas tuer la poule aux oeufs d'or.

 

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