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Les plongeurs locaux prêts à poursuivre les marquages sur les requins

Les marquages privés de requins se poursuivront. Guy Gazzo, ancien moniteur de plongée qui a suivi de bout en bout les sorties de Frédéric Buyle et de William Winram, annonce qu'il se sent prêt à poursuivre la campagne. A charge pour lui de former comme il se doit d'autres plongeurs qui se sentent d'y aller.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 6 décembre 2011 à 17H18

 

Le rideau tombe sur trois semaines de marquages privés sur les requins tigres et bouledogues, ou du moins des "tentatives" de marquages puisque des 17 sorties en mer, aucun taggage n'a pu être réalisé.

Malgré la déception de revenir bredouille, le binôme d'apnéistes venu de l'extérieur laisse derrière lui une somme de connaissances sur laquelle tenteront d'embrayer les apnéistes locaux. Il sera malgré tout difficile d'agir avec autant de dextérité que les deux champions, pour une simple question de capacité physique. "Nous irons jusqu'à 15 ou 20 mètres, mais pas à 30, voire plus, comme Fred et William", observe le connaisseur. Seul avantage : "Nous, on n'est pas pris par le temps", poursuit-il.

"Des gars comme Frédéric ou William peuvent rester 5, 6, 7 minutes sous l'eau", constate, amusé, Georges Masanelli, président du comité régional de plongée (FFESSM). "Moi, je pourrais pousser jusqu'à 1 minute 30 et jusqu'à 20 mètres de fond, pas plus", assure-t-il.

Des stages pour croiser plus souvent des requins !

"Nous prendrons le relai", confirme néanmoins Guy Gazzo. Ancien moniteur de plongée et désormais instructeur en pêche sous-marine, plongée et apnée, il aura pour mission de montrer aux autres apnéistes volontaires les techniques d'approche du squale. Frédéric Buyle le confirmait quelques minutes plus tôt : les animaux sont très craintifs contrairement à la réputation que l'on donne aux requins. Outre les volontaires pour passer en revue les fonds de la côte Ouest, il faudra aussi dénicher des personnes avec des aptitudes minimum à l'apnée. La plongée bouteille est en effet proscrite car elle fait fuir le prédateur.

Guy Gazzo se permet d'imager sa pensée : "On a toujours appris à un enfant à regarder à droite puis à gauche pour traverser une route. Dans l'eau, c'est pareil. il faut regarder autour de soi. J'ai acquis la certitude que le requin n'attaque que s'il sait qu'il n'est pas observé". Pour aller un peu plus loin dans la bataille contre la peur du requin, Frédéric Buyle prônait quelques minutes plus tôt la mise en place de stages qui mettraient en condition les apnéistes locaux dans des eaux autres que celles de la Réunion, afin de pouvoir croiser plus de requins et donc apprendre plus vite.

"Je suis le seul à avoir assisté à toutes les sorties. C'est normal, je suis disponible car à la retraite", explique Guy Gazzo. "Nous ne pouvions pas non plus être trop nombreux autour de Frédéric et William". Passé les difficultés de coordination des plannings des volontaires qui se sont déjà fait connaître selon lui, restera à rectifier le tir avec le matériel à disposition.

Passer le stade de la crainte

"La technique marche très bien sur les grands requins blancs par exemple, mais je n'ai jamais effectué de marquage sur des requins bouledogues", reconnaissait lors de la conférence de presse Frédéric Buyle. Raison supplémentaire pour envisager d'adapter le matériel à disposition des apnéistes. "On va remédier au problème matériel", promettait Georges Masanelli.

Enfin, tout aussi important, une bonne formation des futurs "marqueurs" passera obligatoirement par une approche moins craintive. "J'étais étonné de voir des pêcheurs sous-marin restés pétrifiés à la vue d'un bouledogue", raconte William Winram, qui ne comprend pas ce rapport à la mer aussi distant de la part des Réunionnais. Même son de cloche amusé de la part de Frédéric Buyle. Pourtant, la personne qui avait peur était bien de l'expédition des marquages. "Julie (prénom d'emprunt), une plongeuse qui était avec nous et qui était en charge du matériel etc... a eu un geste de recul lorsqu'elle a commencé à voir un, puis deux, trois, quatre requins en-dessous de nous, par environ 18 mètres. Passé l'appréhension toute naturelle, elle nous a fait signe qu'elle trouvait ça majestueux de les voir évoluer".

 

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