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Le "préfet Covid" a quitté La Réunion

Jacques Billant ne sera plus le préfet de La Réunion officiellement dans quelques jours bien qu'il ait pris l'avion ce lundi soir à 21H. Arrivé en 2019, suite à la crise des Gilets jaunes, le haut-fonctionnaire aura finalement consacré l’essentiel de sa mission à gérer la crise sanitaire. L’occasion de retracer le passage du préfet qui a le plus rythmé la vie des Réunionnais.
Ecrit par Gaetan Dumuids – le lundi 1 août 2022 à 22H50

Il est fort probable que dans "la préfectorale", être muté à La Réunion ne soit pas synonyme d'une mission pour aller se dorer la pilule au soleil. Le rapport entre le préfet, qui représente l'Etat, et les Réunionnais, est souvent tourbillonnant. Entre mouvements sociaux et périodes cycloniques, les interactions entre le plus haut représentant de l’État et la population sont fréquentes, contrairement à de nombreux départements de métropole. 

Mais jamais un préfet ne s’est autant invité dans la vie des habitants de l’île que Jacques Billant. Arrivé le 17 juin 2019, il a eu la lourde tâche d’avoir à gérer l’un des épisodes historiques les plus marquants des dernières décennies : la crise Covid.

Une spécialité rarement utilisée

La nomination de Jacques Billant à la place d’Amaury de Saint-Quentin à La Réunion n’a rien du hasard. Avec la crise des Gilets jaunes en novembre 2018, les autorités ont fait le choix d’un spécialiste du maintien de l’ordre pour le département. La tension est toujours palpable et il semble l’homme de la situation face aux risques d'une nouvelle explosion sociale.

Diplômé de l’École spéciale militaire Saint-Cyr et diplômé d’état-major, Jacques Billant a longuement travaillé dans des postes liés à la sécurité ou la justice. Des compétences qu’il va rapidement mettre à exécution.

Depuis quelques années, la nuit d’Halloween donne lieu à des troubles dans plusieurs villes. Inspirés du film « La purge », où tout est permis pendant quelques heures dans l’année, de nombreux jeunes vont incendier des poubelles ou même des voitures. Un phénomène qu’il va stopper.

Le 31 octobre 2019, la stratégie mise en place par Jacques Billant va totalement annihiler les débordements annoncés depuis plusieurs jours. En envoyant les forces de l’ordre occuper le terrain avant le début des "festivités", les incivilités sont tuées dans l’oeuf. Le phénomène semble s’être arrêté depuis.

Des qualités de maintien de l’ordre qu’il aura ironiquement moins à gérer que ses prédécesseurs.

La crise Covid

Depuis seulement 10 mois dans l’île, Jacques Billant va sans le vouloir entrer dans le quotidien des Réunionnais pour les deux années à suivre. L’arrivée du Covid-19 en métropole commence à inquiéter les autorités. Le 17 mars 2020, la France bascule dans le confinement pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale. Le premier cas a été détecté dans l’île seulement six jours auparavant.

Ce jour-là, Jacques Billant va s’adresser à La Réunion pour demander à tous les habitants de rester chez eux. Face à une situation inédite, le préfet explique les mesures mises en place ou à l’étude. Il tente également de rassurer la population sur ce qui va se passer, notamment sur le ravitaillement de l’île.

Pendant les deux années qui suivent, la population va suivre régulièrement ses interventions médiatiques pour annoncer les différentes mesures du moment. 

Une décision qui passe mal

Cette sensation de contrôle a atteint son paroxysme le 30 décembre 2020. Le préfet annonce la mise en place d’un couvre-feu pour le jour de l’an  à 24 heures de l'échéance. Une décision qui prendra tout le monde de court et suscitera une vive polémique, dont un édito de Pierrot Dupuy devenu culte. 

Probablement conscient d’avoir provoqué une certaine irritation au sein de la population, le couvre-feu sera instauré le 1er janvier à 18h l’année suivante.

Malgré cette petite ombre au tableau, le passage de Jacques Billant à La Réunion restera positif pour beaucoup. Homme de dialogue, il a toujours su amener les différents conflits sur la table des négociations. Mais malgré toutes ses réalisations dans tous les domaines, il restera aux yeux de tous "le préfet Covid".

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