La Casud dans le rouge : à qui la responsabilité ? Les chiffres inquiètent, les piques fusent

La présentation de l’audit financier de la Casud, ce jeudi 8 octobre, n’a pas seulement révélé une situation préoccupante. Elle a aussi donné lieu à des échanges tendus, entre départs d’élus, petites phrases et règlements de comptes politiques autour de la gestion passée de l’intercommunalité.
Trois élus de l'opposition qui quittent la salle avant la présentation de l'audit, un maire de Saint-Philippe qui leur emboîte le pas après un échange houleux avec la majorité et, entre les deux, des petites phrases qui fusent. Le conseil communautaire de la Casud, ce jeudi matin, n'aura pas seulement été marqué par les chiffres alarmants présentés par le cabinet BST. Il aura aussi donné un aperçu des tensions politiques qui accompagnent le changement de gouvernance.
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Derrière les projections financières, la question des responsabilités a animé les échanges. Alexis Chaussalet et Patrick Lebreton ne veulent pas porter le poids des décisions de l'ancienne majorité. Le premier dénonce une "folie des grandeurs", tandis que le second parle ouvertement de "banqueroute". En face, les élus mis en cause contestent la méthode, les conditions de présentation de l'audit et certaines hypothèses retenues.
Dès l'ouverture de la séance, les élus de l'opposition écoutent le discours du président, visages fermés, sans laisser paraître la moindre réaction. Les interventions sont parfois cinglantes jusqu'aux départs successifs de la salle du conseil.
"La fuite est déjà un aveu de culpabilité"
Alexis Chaussalet dénonce la "folie des grandeurs" de ses prédécesseurs et des investissements engagés sans financements suffisamment sécurisés.
Si l'audit est présenté, nous quitterons la salle", prévient l’ancien président Jacquet Hoarau.
Alexis Chaussalet rappelle qu'il ne s'agit pas d'un vote, mais d'une présentation. Il tente de convaincre les élus de rester : "Il s'agit d'une mise en cause non pas individuelle, mais d'un système." Sans succès. Jacquet Hoarau, Patrice Thien-Ah-Koon et une autre élue de l’opposition quittent la salle.
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Patrick Lebreton, premier vice-président de la Casud, chargé des finances, ne laisse pas passer ce départ : "La fuite est déjà un aveu de culpabilité."
"On ne va pas comme avec la NRL dans la mer. Cette fois, on va dans le mur avec la NVU", lance le maire de Saint-Joseph et premier vice-président de région, faisant référence à la Nouvelle Route du littoral.
Henri-Claude Huet, élu de Saint-Joseph, rappelle pour sa part avoir alerté dès 2024 sur le risque d'effet ciseaux entre les recettes et les dépenses. L'arrivée de Jacquet Hoarau à la présidence avait, reconnaît-il, certes permis "un apaisement mais pas une réconciliation". Aujourd'hui, confie-t-il, "on regrette presque d'avoir eu raison".
Olivier Rivière et Patrick Lebreton se renvoient les piques
La tension ne retombe pas avec l’intervention d’Olivier Rivière. Le maire de Saint-Philippe s’interroge sur le choix de présenter une seule projection financière, basée sur la poursuite des décisions de l’ancienne majorité. Il demande si d’autres scénarios ont été envisagés depuis le changement de gouvernance. "Moi, je ne fais pas de politique avec la peur", lance-t-il, avant d’adresser une pique à Patrick Lebreton : "Moi, je connais quelqu’un qui a fui le conseil communautaire pendant six ans."
Le ton monte à nouveau lorsque la conseillère Pauline Lauret tente de prendre la parole, tandis qu’Olivier Rivière continue de parler. Alexis Chaussalet intervient pour ramener le calme. Patrick Lebreton rappelle alors que Pauline Lauret est également présidente de l’Union des femmes réunionnaises (UFR). "Tout s’explique", rétorque Olivier Rivière, provoquant la désapprobation de plusieurs élus de la majorité.
Alexis Chaussalet lui demande de présenter des excuses mais le maire de Saint-Philippe refuse et quitte à son tour la salle. À l’extérieur, réfutant les accusations de misogynie, il dénoncera un "cirque" et défendra son droit de parole, estimant avoir été empêché de s’exprimer en tant que représentant de ses administrés.
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Une trajectoire inquiétante, mais encore des choix à faire
Gary Rivière, élu de l'Entre-Deux représentant la maire Camille Clain, face à des "chiffres préoccupants", demande "lucidité, responsabilité et vigilance" et défend "des arbitrages clairs et concertés" entre les communes.
À ce stade, Alexis Chaussalet ne souhaite pas augmenter les impôts, affirme-t-il. Des économies et une révision des investissements sont toutefois envisagées. D’autres audits sont encore attendus pour avoir une vision complète des finances de la Casud."Notre devoir, c'est d'abord d'objectiver, de montrer à la population pour dire : voilà la situation dont nous héritons", explique-t-il sa démarche.


