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Grève dans la petite enfance : "On s'essouffle", le cri d'alerte d'une auxiliaire puéricultrice

Ecrit par Prisca Bigot – le jeudi 8 octobre 2026 à 18H56

À l'appel d'un mouvement national, des professionnelles de la petite enfance se sont mobilisées ce jeudi 8 octobre pour dénoncer leurs conditions de travail et réclamer un meilleur encadrement des enfants. Une auxiliaire de puériculture travaillant dans une crèche privée témoigne, sous couvert d'anonymat, d'un métier qu'elle aime mais qui l'épuise.

"Entre le taux d'encadrement trop faible et le gonflement du nombre d'enfants, nous, en tant que professionnels, on s'essouffle." Cette auxiliaire de puériculture réunionnaise résume ainsi les difficultés qu'elle rencontre au quotidien. Salariée d'une crèche privée, elle a souhaité garder l'anonymat, craignant que ses revendications soient mal perçues par sa direction. Elle insiste pourtant sur un point : ses critiques ne visent pas particulièrement les gestionnaires des structures, mais plus largement les conditions dans lesquelles les professionnelles de la petite enfance doivent exercer leur métier.

Ce jeudi 8 octobre, à l'appel du Syndicat national des professionnels de la petite enfance (SNPPE), de la CGT et du collectif "Pas de bébés à la consigne", une partie des salariées du secteur était appelée à faire grève. À La Réunion, en l'absence de rassemblement organisé, des professionnelles ont choisi de témoigner pour relayer les revendications nationales.

Lire aussi : Petite enfance : quelles sont les revendications syndicales derrière la grève du 8 octobre ?

Au cœur de leurs demandes : une révision des taux d'encadrement, de meilleures conditions de travail et davantage de reconnaissance pour celles et ceux qui accueillent les tout-petits.

"On se retrouve à deux pour 10 à 13 enfants"

Dans sa crèche, l'auxiliaire de puériculture décrit des journées qui s'étendent généralement de 7h30 à 18h. Avec les roulements, les congés et la présence d'apprentis, elle explique se retrouver régulièrement avec une seule autre professionnelle pour s'occuper de 10 à 13 enfants.

Une situation qui oblige les professionnelles à jongler entre les soins, les activités, les besoins des enfants et l'accompagnement des parents.

"Selon la dynamique des groupes et l'âge des bébés, la situation devient tout simplement ingérable et nuit à la qualité de l'accompagnement", alertent des professionnelles de la petite enfance dans un communiqué. Elles soulignent qu'aujourd'hui, la réglementation permet d'accueillir jusqu'à 13 enfants en micro-crèche avec une équipe de quatre professionnelles, contre 10 enfants pour le même effectif en 2017.

Malgré les formations, notamment le CAP Accompagnant éducatif petite enfance (AEPE), les professionnelles se retrouvent confrontées à des difficultés auxquelles elles ne sont pas toujours préparées, explique la salariée. "À force de devoir faire davantage avec des moyens limités, certaines finissent par baisser les bras".

Elle évoque aussi les conditions matérielles dans les structures disposant de petits budgets, où les espaces et les équipements ne sont pas toujours adaptés. Des difficultés qui favorisent les blessures et les arrêts maladie.

De grandes responsabilités pour de petits salaires

À la fatigue s'ajoute le manque de reconnaissance. L'auxiliaire de puériculture estime que les salaires ne sont pas à la hauteur de l'expérience et des responsabilités de son métier. Elle déplore également les faibles possibilités d'évolution professionnelle.

Cette auxiliaire de puériculture regrette enfin le peu de considération accordée à ce secteur très majoritairement féminin, qui peine à trouver sa place parmi les priorités des politiques publiques.

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