Pas d’aggravation de peine pour les mules étrangères rejugées en appel à Saint-Denis

Alors que le parquet général avait sollicité l’aggravation des peines pour deux mules de nationalité étrangère condamnées en juin dernier, la cour d’appel a confirmé les sanctions prononcées en première instance.
« Des peines insuffisantes vu les quantités », avait critiqué le parquet général à l’audience des appels correctionnels du 17 septembre dernier. Y étaient rejugés, sur intervention du parquet, deux « mules » de nationalité étrangère condamnées en juin par le tribunal correctionnel de Saint-Denis à respectivement deux et trois ans de prison ferme et plus de 200.000 euros d’amende douanière.
"Evolution inquiétante"
Tout à son combat contre « l’évolution inquiétante du trafic de stupéfiants à La Réunion », le ministère public avait requis une aggravation des peines. Quatre ans ferme pour le premier, un citoyen britannique d’une quarantaine d’années arrêté à Gillot en provenance de Bangkok avec 16,5 kg d’herbe de cannabis. Et cinq ans ferme pour le second, un citoyen nigérian de 43 ans arrivé de Madagascar, avec, dans son estomac, la quantité record de 1,8 kg de cocaïne.
Mais les avocats de la défense avaient largement contesté des réquisitions décrites comme « incohérentes » s’agissant de ressortissants étrangers dans un contexte de surpopulation des prisons réunionnaises, et relevant « d’une politique pénale aveugle et dépourvue de sens. »
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"Simples pions sur l'échiquier du trafic"
« Trois ou cinq ans ferme, qu’est-ce que ça change pour quelqu’un qui n’a aucune attache à La Réunion ni en France ? En quoi est-ce dissuasif pour les commanditaires qui exploitent la misère humaine et n’ont que faire du sort de ces mules, simples pions sur l’échiquier du trafic ? », avait fustigé Me Clara Pariente-Butterlin.
Après en avoir délibéré, la cour a décidé de confirmer jeudi 8 octobre les jugements de première instance. Des condamnations assorties d’interdiction de séjourner sur le territoire, d’une durée de cinq ans pour le ressortissant britannique et de dix ans pour le citoyen nigérian.


