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CASUD : finances dans le rouge, la nouvelle majorité met en cause la nouvelle voie urbaine du Tampon

Ecrit par P.B. sur place – le jeudi 8 octobre 2026 à 10H08

Une épargne en chute, une dette qui pourrait atteindre 66 millions d’euros en 2028 et un programme d’investissement à revoir : la nouvelle gouvernance de la CASUD tire la sonnette d’alarme. S’appuyant sur un audit flash financier, elle met en cause les choix de l’ancienne majorité, particulièrement la Nouvelle Voie Urbaine, dont le coût annoncé atteint 52 millions d’euros.

La nouvelle majorité de la CASUD annonce des arbitrages difficiles. Dans un dossier de presse présentant les résultats d’un audit flash financier du cabinet BST, l’intercommunalité décrit une « situation financière catastrophique ». Elle pointe une baisse importante de ses marges financières et une programmation d’investissements qu’elle estime insoutenable en l’état.

Selon les chiffres présentés, l’épargne brute passe de 9,6 millions d’euros en 2023 à 2,5 millions en 2025, soit une chute de près de 74 %. En deux ans, la CASUD perd ainsi 7,1 millions d’euros de capacité annuelle d’épargne. Cette marge, dégagée par le fonctionnement de la collectivité, sert notamment à rembourser le capital de la dette et à financer les investissements.

Le dossier ne détaille toutefois pas les causes de cette dégradation. Il concentre son propos sur les investissements programmés et leurs conséquences possibles pour les finances de l’intercommunalité.

108 millions d’euros d’investissements programmés

Le programme pluriannuel d’investissement prévoit 108 millions d’euros entre 2026 et 2028, soit, selon la CASUD, plus du double des trois années précédentes. Son financement repose notamment sur 48 millions d’euros de nouveaux emprunts et 41,4 millions de subventions, dont le montant reste à confirmer d’après la présentation.

Si cette trajectoire est poursuivie, la dette passerait de 24 millions d’euros fin 2025 à 66 millions fin 2028. Il s’agit donc d’une projection, conditionnée au maintien de la programmation actuelle.

La CASUD annonce également une capacité de désendettement qui dépasserait 30 ans, puis atteindrait 139 ans en 2029. Cet indicateur rapporte le montant de la dette à l’épargne brute annuelle : il ne correspond pas à la durée des emprunts. Les hypothèses et le détail du calcul pour 2029 ne figurent pas dans le dossier de presse.

La Nouvelle Voie Urbaine au centre des critiques

La nouvelle gouvernance cible particulièrement la Nouvelle Voie Urbaine. Avec un coût annoncé de 52 millions d’euros, cette opération représente près de la moitié du programme d’investissement 2026-2028.

Lire aussi : Voie urbaine du Tampon : les travaux commencent officiellement

Selon elle, le poids du projet réduit les moyens disponibles pour les autres investissements au Tampon, mais aussi à Saint-Joseph, Saint-Philippe et à l’Entre-Deux.

« La NVU, projet rejeté par les Tamponnais et sans financement sécurisé, fragilise les finances aux dépens de tous les administrés de la CASUD », affirme le président Alexis Chaussalet.

La présentation laisse néanmoins plusieurs questions ouvertes sur son financement. Les subventions effectivement sécurisées, le reste à charge réel pour la CASUD et l’endettement supplémentaire lié à l’opération sont indiqués comme restant à documenter. La nouvelle majorité demande notamment ce qui était réellement notifié ou conventionné en décembre 2025 et ce qui reposait encore sur des hypothèses.

Des investissements à revoir, la fiscalité parmi les options

Pour redresser les comptes, la CASUD évoque une baisse ou un report de certains investissements, des économies sur les services et un éventuel recours au levier fiscal si les autres solutions ne suffisent pas. À ce stade, le dossier n’annonce aucune hausse précise d’impôt ni aucune réduction déterminée de service.

La nouvelle gouvernance prévoit de reconstruire la programmation d’investissement sur l’ensemble du mandat, avec deux scénarios : l’un intégrant la NVU, l’autre sans ce projet. L’objectif affiché est de mesurer son impact sur les moyens disponibles pour les quatre communes.

« L’objectif est de retrouver une capacité d’investissement pour l’ensemble des communes, de préserver autant que possible les services rendus à la population et de respecter une équité territoriale », explique Alexis Chaussalet.

L’ancienne majorité mise en cause

Au-delà de l’alerte financière, le message est politique. La nouvelle gouvernance attribue le programme d’investissement et la trajectoire d’endettement aux décisions de l’équipe précédente.

« L’équipe précédente doit assumer politiquement la trajectoire qu’elle a engagée », déclare Patrick Lebreton, premier vice-président chargé des finances. Il demande à ce que soit précisé les alertes, les propositions et les arbitrages ayant conduit au vote du budget primitif 2026 et à ce niveau de programmation.

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