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Violences faites aux femmes : à quand “une loi-cadre” pour mieux protéger les victimes ?

Ecrit par S.F – le lundi 25 novembre 2024 à 17H03

A l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes, un colloque a été organisé à La Réunion pour sensibiliser à ce fléau ce lundi. La présidente de la Région, Huguette Bello, a plaidé en faveur d’une loi-cadre pour mieux protéger les victimes.

Ce lundi 25 novembre marque la Journée internationale pour l’Élimination des Violences faites à l’égard des Femmes. La date, proclamée par l’ONU pour souligner le combat contre toutes les formes de violences sexistes et sexuelles, les mutilations sexuelles féminines, les mariages forcés et la prostitution faites aux femmes, rend hommage aux trois sœurs et militantes politiques Mirabal, assassinées à coups de machette le 25 novembre 1960 sous l’ordre du dictateur dominicain de l’époque, après que l’une des sœurs, Minerva, a refusé ses avances.


Deux féminicides à La Réunion en 2024


Leurs histoires ont été rappelées ce lundi par l’historien Mario Serviable à l’occasion d’un colloque organisé à la Pyramide inversée sur les violences faites aux femmes. Soixante-quatre ans après l’assassinat des sœurs Mirabal, des millions de femmes à travers le monde continuent de subir des violences quotidiennement en raison de leur genre. À La Réunion, deux féminicides ont été commis en 2024 selon les forces de l'ordre.

Kalma, 62 ans, a été retrouvée morte à son domicile à Saint-Leu en juillet dernier. Elle portait des plaies et des traces de coups au visage et sur le corps. Son mari était connu de la justice pour des faits de violences conjugales.

Chloé, 34 ans, a été tuée de plusieurs coups de couteau au Port en octobre dernier. Son ex-conjoint, qui se trouvait également dans le véhicule, blessé au cou, était connu pour des faits de violences sur son ex-compagne.


Une loi-cadre contre les violences faites aux femmes


Associations, forces de police, parlementaires, “fanms dobouts”... Cet événement, organisé par la Région, a réuni de nombreux acteurs de la lutte contre les violences à l’égard des femmes à La Réunion, bien que l’on note l’absence du préfet, car une conférence sur le même sujet se tenait en parallèle en préfecture.

En ouverture du colloque, la présidente Huguette Bello a rappelé l’ampleur du fléau sur l’île, où chaque jour neuf femmes se rendent au commissariat ou à la gendarmerie pour dénoncer des violences.

“Les violences masculines à l’encontre des femmes ne constituent pas un problème privé. Au contraire, elles représentent le symbole le plus brutal de l’inégalité existant dans notre société.” (…) Elles sont une conséquence de ce monde viriliste fondé sur la virilité, dans lequel la femme est infériorisée, enfermée, chosifiée et perd tout pouvoir. Aujourd’hui encore, en cette fin de quart du XXIe siècle, se poursuit le grand récit de la supériorité virile et de l’infériorisation des femmes, qui a été consolidé siècle après siècle par la mythologie, la métaphysique, la religion, la loi divine et la science, par la physiologie”, clame Huguette Bello.

Sensibiliser la population, accompagner les victimes, que faire de plus ? Pour mieux combattre les violences dont les femmes sont victimes, “avant tout parce qu’elles sont des femmes”, la présidente de la Région et présidente de l’UFR réclame une réponse globale, au travers d’une loi-cadre contre les violences faites aux femmes, inspirée de la loi de protection intégrale contre la violence de genre instaurée en Espagne.

“Les textes sur les violences faites aux femmes sont totalement dispersés. Certains sont dans le code pénal, d'autres dans le code civil ou celui de la santé publique. La nécessité s’impose de les regrouper dans une grande loi-cadre et de les enrichir de nouvelles dispositions”, argumente-t-elle.

Un texte législatif ne peut évidemment pas contrebalancer à lui seul toutes les inégalités et discriminations ancrées dans nos sociétés depuis des siècles, mais il peut aider à changer les mentalités, sensibiliser les jeunes générations au respect mutuel et à la dignité de l'autre (…). Nous invitons les femmes à faire pression, à investir l’espace politique pour réclamer une loi-cadre de protection intégrale contre la violence de genre”, avance-t-elle.

Viols : pour une levée du délai de prescription

Huguette Bello demande en outre la levée du délai de prescription de 30 ans pour les viols : “Nous avons besoin que le viol soit déclaré imprescriptible”, argue-t-elle.

En solidarité avec les femmes du monde, et particulièrement celles des pays en guerre, la présidente de la Région appelle de ses vœux des actions menant à des négociations pour “une paix durable dans les pays en guerre”.

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