Trois futures brigades de gendarmerie pour lutter contre les violences intrafamiliales

Comme annoncé par Emmanuel Macron à l’aube de l’année 2022, 200 casernes doivent fleurir sur le territoire, dont 4 à La Réunion. Actrices de la lutte contre les violences faites aux femmes, trois d’entre elles vont accueillir des agents spécialisés dans la lutte contre les violences intrafamiliales.
La Réunion est le deuxième département de France à recenser le plus de violences conjugales. Chaque année, notre île enregistre près d’une dizaine de plaintes en ce sens, rien que sur une journée. Au cœur de la lutte pour l’élimination de ce fléau : les forces de l’ordre.
Après l’annonce d’Emmanuel Macron et de l’ancien ministre de l’Intérieur et des Outre-mer Gérald Darmanin concernant la création de 200 casernes dans toute la France, il a été décidé d’en dédier 3 des 4 à La Réunion aux violences intrafamiliales.
Lors d’une grande conférence réunissant les acteurs de la lutte contre les VIF, le nouveau préfet, Patrice Latron, a évoqué ces nouvelles casernes : « Chaque préfet, en lien avec les élus du territoire, a dû faire remonter au ministre de l’Intérieur, en début d’année, le positionnement et les missions de ces brigades. Ici, mon prédécesseur a souhaité que 3 brigades sur 4 soient spécialisées dans cette lutte contre les violences faites aux femmes. Sur trois ans, il y aura trois fois six enquêteurs de gendarmerie qui seront spécialisés dans l’accueil, l’instruction judiciaire et dans l’orientation vers les dispositifs spécialisés. »
Alcool et stupéfiants : un cocktail explosif
Cette conférence met en lumière le travail des forces de l’ordre sur l’île. Lors des interventions concernant des violences conjugales, la majorité du temps, l’auteur est sous l’emprise de stupéfiants et/ou de l’alcool. Ces interventions sont parmi les plus dangereuses pour les forces de l’ordre. « Cela se passe dans la sphère familiale, dans un climat de violence important. Vous arrivez dans cette sphère en essayant d’apaiser les choses, d’interpeller l’auteur et surtout de protéger les victimes », explique le colonel Christophe Heurtebise, commandant en second de la gendarmerie de La Réunion.
Ces trois brigades de gendarmerie spécialisées dans la lutte contre les violences intrafamiliales – une première en France – vont prendre leurs quartiers au Tampon le 1er août 2025, à Saint-Paul en 2026 et enfin à Saint-Benoît en 2027. Des brigades mobiles qui seront dans la démarche "d'aller vers" pour favoriser les échanges avec les citoyens, même si leurs missions sont en cours de définition.
De plus, depuis 3 ans, 500 gendarmes ont été formés sur l’île pour l’accueil des victimes de violences intrafamiliales. « Nous sommes toujours perfectibles, il peut arriver qu’un accueil se passe mal. C’est à la marge. […] Nous avons un dispositif à la pointe à La Réunion par rapport à toute la France », conclut le colonel Christophe Heurtebise. S’ajoutent à cela la présence d’un officier départemental référent pour la lutte contre les vifs, une maison de protection des familles et 55 référents répartis dans différentes unités.


