Mayotte : un gendarme soupçonné de viol sur une petite sans-abri de 14 ans

Un adjudant-chef de la gendarmerie, en poste à Mayotte, a été mis en examen pour viol sur mineure et placé sous contrôle judiciaire au début de l’année 2026. Il vivait avec une jeune fille de 14 ans qui s’était retrouvée à la rue après le passage du cyclone Chido.
Cette affaire sordide débute après le passage du cyclone Chido qui a fait des ravages sur l’île aux Parfums. Le phénomène, inédit depuis 1934, et donc d’une exceptionnelle violence, a fait plusieurs morts et soufflé la plupart des habitations, le 14 décembre 2024. Tout le monde a encore en mémoire le spectacle de désolation que les vents, estimés à plus de 200 km/h, ont laissé derrière eux dans le 101ème département français, au cœur de l’océan Indien.
Des milliers de Mahorais se sont ainsi retrouvés à la rue, plongés dans une misère extrême. Sans moyens matériels, sans toit pour s’abriter, parfois aussi avec peu de nourriture et un criant manque d’eau. Des plaies que des autorités débordées essayaient tant bien que mal de panser.
Il fait d’une petite sans-abri sa maîtresse
C’est dans ce contexte apocalyptique qu’un gendarme, affecté à la brigade nautique de Mayotte, a décidé de jouer les bienfaiteurs en venant en aide aux plus démunis. Un geste louable mais pas forcément dénué d’arrière-pensées. Célibataire géographique, puisque son épouse et ses enfants vivent à La Réunion, l’adjudant-chef a fait le choix d’accueillir des victimes de Chido dans son logement de fonction où il résidait donc seul.
Le souci est que le militaire, âgé d’une quarantaine d’années, n’a pas choisi ses sans-abri au hasard. Par exemple, il n’a pas accordé sa miséricorde à une famille composée d’adultes ou de jeunes gens de sexe masculin. Comme par hasard, il a pris sous son aile une fratrie composée de filles dont l’aînée n’avait que 14 ans. De fil en aiguille, l’adolescente est devenue la favorite du gendarme au point que celui-ci l’a glissée dans son lit pour en faire sa maîtresse. Même si le logement du gendarme se trouvait à l’extérieur de la caserne, cette affaire d’hébergement a fini par s’ébruiter au fil des mois dans le petit milieu de la gendarmerie. Et personne à vrai dire n’était dupe de ce qui se passait à l’abri des regards indiscrets.
Une nuisette de marque en guise de cadeau
Selon nos informations, certains de ses collègues l’ont mis en garde tandis que d’autres ont tenté de le ramener à la raison en lui expliquant qu’il avait franchi la ligne rouge. Mais le sous-officier n'en a eu cure. Les mois se sont écoulés jusqu’à ce que la nouvelle de cet hébergement à tout le moins suspect finisse par se répandre jusqu’à parvenir aux oreilles du général, commandant les forces de gendarmerie de l’océan Indien. C’est-à-dire de La Réunion et de Mayotte.
Lire aussi : Mayotte: les deux policiers suspectés de viol restent en prison
Une enquête a été ouverte au début de l’année 2026, confiée aux gendarmes de la section de recherches de Pamandzi, afin de faire la lumière sur cette affaire considérée comme particulièrement sensible. C’est ainsi qu’un beau matin, les enquêteurs ont débarqué au domicile de l’intéressé à l’heure du laitier. Et, comme de juste, l’adjudant-chef de la brigade nautique n’était pas seul.
La jeune fille de 14 ans était bien présente aux côtés de son amant, habillée d’une simple nuisette. Une petite tenue de marque que le quadragénaire lui aurait offert en cadeau. Placé en garde à vue, le militaire a reconnu avoir eu des rapports sexuels avec l’adolescente depuis de nombreux mois. Et réciproquement. Pour lui comme pour elle, il s’agissait d’une relation consentie. Sauf que le consentement d’une mineure aussi jeune, qui plus est en état de dépendance manifeste, n’est pas entendable au regard de la loi.
Le gendarme parle d’une histoire d’amour
Le gendarme aurait expliqué à ses collègues qu’il était tombé amoureux de sa jeune maîtresse dans un contexte très particulier qui est propre à Mayotte. Sous-entendu que cela n’avait rien d’extraordinaire et que ça ne constituait donc pas obligatoirement une infraction. Sa position est d’autant plus ahurissante qu’il savait pertinemment, et plus que quiconque en tant que personne dépositaire de la loi, que cela s’apparentait à un viol sur mineure de moins de 15 ans. Il a d’ailleurs été mis en examen de ce même chef par un juge d’instruction avant d’être placé sous un strict contrôle judiciaire qui l’empêche d’exercer son métier jusqu’à nouvel ordre. Une personne proche du militaire nous a indiqué que cette affaire était « singulière et atypique » mais aussi que « cette situation d’hébergement était connue de tous, y compris de la hiérarchie depuis des mois ».
Pour sa part, la direction de la gendarmerie a déclenché une enquête interne toujours en cours. En attendant, l’adjudant-chef a eu droit à « un vol bleu ». Il a été renvoyé dans l’Hexagone illico presto où il doit pointer régulièrement auprès des forces de l’ordre. Loin de sa jeune victime présumée, restée à Mayotte, et de sa famille, toujours à La Réunion. Zinfos974 a contacté son avocate qui n’a pas souhaité faire de commentaire en l’état du dossier.


