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Mayotte : les deux policiers suspectés de viol restent en prison

Ecrit par Eric Lainé – le dimanche 5 octobre 2025 à 11H56
Crédit photo : Philippe Naillet

Deux policiers, en poste sur l'ile aux parfums, sont en prison depuis le début du mois de septembre. Le binôme est soupçonné d'avoir violé une jeune fille lors d'une soirée festive, dans la nuit du 30 au 31 août dernier.

« On l'a forcée. On a merdé... On va s'excuser. » C'est dans ces termes que deux policiers en poste à Mamoudzou ont échangé via leur téléphone portable pour tenter d'étouffer, après coup, l'affaire sordide dans laquelle ils étaient impliqués. Des propos qui en disent long sur les soupçons de viol aggravé pour lesquels ils sont mis en examen et placés en détention provisoire depuis le 8 septembre dernier.

Les faits se déroulent une semaine avant, dans la nuit du 30 au 31 août. Un gardien de la paix de 35 ans et un policier adjoint de 23 ans, tous deux originaires de Mayotte, se rendent ensemble à une soirée privée, organisée par une connaissance à Mamoudzou. L'ambiance est très festive et l'alcool coule à flot à mesure que les heures s’égrènent. Parmi les convives se trouve une jeune fille de 21 ans.

Ils la violent à tour de rôle

Au bout de la nuit, celle-ci a un gros coup de fatigue. Elle s'isole dans une chambre pour se reposer. Les deux policiers la repèrent et ne tardent pas à lui emboîter pas.

Dans le huis clos de la pièce de nuit, ils se jettent sur elle pour lui imposer tour à tour des rapports sexuels. Elle a beau se débattre, la lutte est inégale face à ses agresseurs. Une fois les viols accomplis, les deux hommes abandonnent leur victime.

En tant que policiers, ils savent mieux que quiconque ce qu’ils risquent. Notamment que la jeune fille risque de déposer plainte contre eux. C'est d'autant plus vrai qu'elle révèle lors d’une conversation sur un réseau social avoir été violée par deux policiers. Une plainte est déposée parallèlement et une enquête est ouverte. Le gardien de la paix incite son jeune comparse à contacter la victime et les témoins dans le but de les museler. Il insiste pour que le policier adjoint présente ses excuses à la jeune fille de 21 ans.

Dénégations et pressions sur les témoins

Ces manœuvres, pour empêcher l'affaire d'éclater, vont apparaître lors de l'exploitation de leur téléphonie par les enquêteurs. En garde à vue, le gardien de la paix garde le silence à la manière des voyous. Idem lors de sa présentation devant le magistrat instructeur qui va procéder à leur mis en examen pour viol aggravé. A l'entendre, il n'aurait tout bonnement rien fait de mal au cours de cette soirée.

En dépit de leur silence et de leurs dénégations, les deux policiers sont placés en détention provisoire au centre pénitentiaire de Majicavo. Mardi dernier, le gardien de la paix a bien tenté de retrouver la liberté en saisissant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Saint-Denis. Mais son refus de s'exprimer, la gravité des faits reprochés et les risques de pression sur les témoins et la victime ont largement suffit à confirmer son maintien en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet général.

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