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L’accusé condamné à 14 ans de réclusion criminelle pour le viol d’une octogénaire à Trois-Bassins

Ecrit par S.G. – le mardi 16 juin 2026 à 17H06

Reconnu coupable de viol sur personne vulnérable, sa grand-tante âgée de 86 ans, un Trois-Bassinois a été condamné à 14 ans de réclusion criminelle. Si les juges de la cour criminelle ont retenu l’altération de son discernement, ils lui ont refusé le bénéfice d'une peine diminuée au titre du trouble neuropsychique.

« Je l’ai toujours considérée comme une domestique, du bas de gamme. » C’est en ces termes crus, repris par l’avocate générale Emmanuelle Barre dans son réquisitoire, que Cédric A. a décrit sa grand-tante les rares fois où il a consenti à s’exprimer en procédure.

Des propos illustrant selon la magistrate « l’absence totale de respect » pour la vieille dame de 86 ans qui avait mis sa vie entre parenthèses pour s’occuper de ses petits neveux et nièces, et qu’il est accusé d’avoir violée « avec une grande brutalité » en octobre 2024 sur le terrain familial à Trois-Bassins.

Quinze ans requis

Au terme de deux jours d’audience devant la cour criminelle départementale de La Réunion, l’accusé, 38 ans, a été déclaré, mardi 16 juin, coupable de viol sur personne vulnérable. Il est condamné à 14 ans de réclusion criminelle, assortis de dix ans de suivi socio-judiciaire.

Une sentence légèrement inférieure aux réquisitions du ministère public, qui avait requis quinze ans de réclusion criminelle en demandant que soit écartée des débats une éventuelle altération du discernement de l’accusé, atteint de « schizophrénie déficitaire ».

"La schizophrénie n’est pas un blanc-seing à la violence"

Une maladie mentale « non-délirante, mais qu’il refusait de traiter. Au contraire, il consommait du rhum, du cannabis et de la cocaïne à longueur de journée en en connaissant les effets délétères sur sa pathologie », a martelé l’avocate générale pour que Cédric A. soit jugé pleinement responsable de ses actes.

Avant elle, Me Céline Fouillen avait plaidé dans le même sens pour la partie civile, « victime silencieuse, petit gabarit diminué par l’âge et grandement fragilisée, à 88 ans aujourd’hui, par cet épisode. » 

« La schizophrénie ne doit pas être un blanc-seing à la violence qu’elle a subie ce jour-là » demandait l’avocate, suivie par l’accusation fustigeant un individu « complètement autocentré, qui faisait peur à toute sa famille et se montrait rétif aux traitements et violent avec ses proches et le personnel médical. »

"Dangerosité psychiatrique et criminologique"

Pour l’avocate générale, Cédric A. a démontré qu’il avait parfaitement conscience de la gravité des faits commis, en les niant jusqu’au bout. Ayant seulement reconnu « deux gifles » en punition à sa grand-tante accusée « d’avoir volé des brèdes et des piments », il n’a, à aucun moment, « expliqué les constatations faites sur la scène de crime. »

«  Le dentier retrouvé dans la cour, les nombreuses traces de sang dans les deux chambres et la salle de bains, les traces de son sperme sur les vêtements de la victime et les lésions causées à celle-ci… », égrène la magistrate pour obtenir la condamnation du suspect, déjà mis en cause pour agression sexuelle sur l’infirmière qui était venue lui faire sa piqûre en décembre 2023.

Un accusé dont « la dangerosité psychiatrique et criminologique » a été soulignée par les experts intervenus dans le dossier, soulevant par ailleurs la possibilité qu’un « trouble psychique ou neuropsychique » ait pu « partiellement entraver le contrôle de ses actes », selon l’expression consacrée.

L’altération du discernement retenue, pas la diminution de peine

Et c'est dans cette mince brèche que la défense assurée par Me Sameïdha Mardaye s’est engouffrée pour obtenir une sanction plus clémente à Cédric A. Plaidant la maladie mentale venue en sus « d’un parcours familial délicat » depuis la séparation de ses parents, la défense obtiendra que la cour retienne bien « l’altération du discernement » au moment des faits.

Pour autant, si cette circonstance atténuante a été reconnue sur le principe, celui de la diminution de peine automatique a été écarté par les juges. Condamné à 14 ans de réclusion pour des faits de viol, Cédric A. a également l’interdiction d’entrer en contact avec la victime et de paraître sur la commune de Trois-Bassins pour une durée de dix ans. Il fait en outre l’objet d’une inscription au fichier des auteurs d’infractions à caractère sexuel.

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