Saint-Louis : deux nouvelles résidences d’urgence pour faire face aux accidents de la vie

La Ville de Saint-Louis a posé la première pierre de deux résidences temporaires dans les quartiers de la Palissade et de La Rivière. Une réponse concrète pour faire face aux situations d’urgence que peuvent traverser de nombreuses familles privées de toit du jour au lendemain.
À Saint-Louis, lorsqu’un incendie, une inondation ou une situation de violences familiales surviennent, les solutions d’hébergement se comptent sur les doigts d’une main. Littéralement. Jusqu’en 2020, la commune ne disposait que de cinq logements d’urgence. Ils sont aujourd’hui sept. Et grâce au projet lancé ce lundi 5 mai, ils seront bientôt onze.
La pose de la première pierre de deux résidences temporaires a eu lieu, symboliquement en raison des intempéries, en présence de la maire Juliana M’Doihoma, du président de la CIVIS David Lorion, du sous-préfet de Saint-Pierre Jean-Paul Normand, et de Valérie Fumaz, directrice de la SODEGIS. C’est cette société qui a été retenue en 2021 à la suite d’un appel lancé par la Ville aux bailleurs sociaux. Un appel motivé par un constat sans appel : trop de familles se retrouvent sans solution face à des situations d’urgence.
Lire aussi : Hébergement d’urgence : La demande a presque doublé en 2 ans
Deux sites, quatre logements, un même objectif
Les deux nouvelles résidences se situeront l’une à La Rivière, l’autre à la Palissade. La première comptera un T2 et un T4, pour un montant de 434 000 euros. La seconde abritera deux T2, pour 374 000 euros. Les logements seront réalisés en structures modulaires, rapides à mettre en œuvre. Le foncier, mis à disposition par la commune pour un euro symbolique, permet d’alléger les coûts. L’État a apporté 191 000 euros via la ligne budgétaire unique, le reste étant financé par la CIVIS.
Interrogé sur le prix de construction, Cambaie Industrie, en charge de la maîtrise d’ouvrage, explique que le coût reste élevé car « les petites opérations ne permettent pas d’économie d’échelle » et les normes à respecter sont strictes.
Une ville en difficulté lors de situations urgentes
Ces logements ont vocation à accueillir temporairement des personnes et des familles en détresse. Juliana M’Doihoma rappelle que ces situations ne préviennent pas. « Ce sont souvent des drames qui surviennent de nuit, en urgence. Nos équipes sont en première ligne et se heurtent trop souvent au manque de logements disponibles. » Pour la maire, ce projet s’inscrit dans une logique de solidarité de terrain. « Passer de cinq à onze logements d’urgence, c’est déjà une avancée. Mais nous savons qu’il reste encore beaucoup à faire, ici comme partout à La Réunion. »
Dans une commune où 43 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, et où près de 1 900 demandes de logements sociaux sont en attente, l’enjeu est de taille. La ville compte aujourd’hui 20 % de logements sociaux, mais la pression reste forte. La situation locale est le reflet d’une réalité plus large : l’île compte au total environ 50 000 demandes de logements sociaux non satisfaites.
Une solidarité à bâtir durablement
Pour David Lorion, président de la CIVIS, ce type de dispositif est essentiel pour maintenir un minimum de stabilité au sein des foyers touchés. « Ces logements sont vitaux pour permettre aux familles de continuer à vivre après un drame. Quand il y a un incendie, un cyclone ou des violences intrafamiliales, il faut pouvoir reloger rapidement dans des conditions dignes. C’est aussi une manière de préserver le quotidien des enfants, leur permettre d’aller à l’école. »
Lire aussi : Violences intrafamiliales : mettre les victimes à l'abri
Actuellement, le territoire de la CIVIS dispose d’environ quarante logements d’urgence, dont une trentaine à Saint-Pierre. Les onze logements de Saint-Louis viendront renforcer cette offre, encore trop rare pour faire face à la demande. L’enjeu est humain, mais aussi structurel : créer un filet de sécurité pour les plus fragiles et donner à la commune des moyens concrets pour faire face aux imprévus de la vie.


