Violences intrafamiliales : mettre les victimes à l'abri

On dénombre 4.415 victimes de violences conjugales recensées en 2023. Ce sont en très grande majorité des femmes, souvent seules avec un ou plusieurs enfants, qui, lorsqu’elles quittent le domicile, doivent pouvoir trouver l’accompagnement qui leur est nécessaire.
Les capacités d’hébergement d’urgence ont été multipliées par au moins trois depuis une quinzaine d’années à La Réunion. Bien que cela ne suffise pas à endiguer le sans-abrisme, qui frappe de plus en plus de personnes depuis la crise sanitaire, un réseau de mise à l'abri des victimes de violences est déployé sur le territoire.
L’attente peut paraître longue au vu de l’urgence des situations. Au bout du fil, neuf personnes se relaient jour et nuit pour couvrir l’ensemble des demandes et diriger les victimes vers un lieu sécurisé, loin de leur bourreau.
Des structures dédiées aux victimes
Pour éviter à tout prix un retour au domicile aux côtés du conjoint violent, cinq structures d’Accueil et d’Hébergement d’Urgence Temporaire (SAUT) sont dédiées exclusivement aux femmes victimes de violences conjugales et à leurs enfants.
Le lieu de mise à l’abri est confidentiel, et la victime est accueillie par un travailleur social formé à l’accompagnement des personnes victimes de violence. Dans ces petites structures de 6 à 10 places, elles peuvent être hébergées avec leurs enfants sans se retrouver totalement isolées et bénéficier d’une prise en charge personnalisée.
Adossé à chacune des SAUT, le dispositif "Perspectives" permet un hébergement de transition entre l’accueil d’urgence et le projet de relogement ou de retour au domicile.
Dans la continuité, des places en Allocation de Logement Temporaire (ALT) offrent un tremplin et un filet de sécurité pour éviter les ruptures de parcours des femmes ayant fui le domicile conjugal.
Si aucune place n’est disponible, les victimes de violences sont dirigées vers les Centres d’Hébergement et d’Accueil d’Urgence (CHAU), qui ne sont pas réservés uniquement aux femmes victimes, mais sont ouverts à toute personne sans abri en situation de détresse sociale, psychique ou médicale.
En dernier recours, la personne nécessitant une prise en charge sera accueillie via le dispositif « Pension Gîte Hôtel » (PGH), qui consiste en des nuitées dans des hôtels et gîtes, le temps de trouver une situation plus stable.
Chaque année, plusieurs centaines de victimes ont eu recours au 115.


