Violences sexistes et sexuelles : la CGTR Commerce alerte sur les salariées exposées

La Fédération CGTR Commerce Distribution et Services dénonce le manque de protection des femmes et des enfants face aux violences sexistes et sexuelles. Le syndicat pointe notamment la situation des salariées dans l’aide à la personne, le commerce et les services.
La Fédération CGTR Commerce Distribution et Services hausse le ton. Dans un communiqué publié vendredi 3 juillet, le syndicat apporte son soutien à la famille de Lyhanna, ainsi qu’aux femmes et aux enfants victimes de violences sexistes et sexuelles. Au-delà de l’émotion, la CGTR entend replacer le sujet sur le terrain du travail, en particulier dans les secteurs très féminisés.
L’aide à la personne, le commerce et les services sont directement visés. Selon la fédération, les salariées y sont particulièrement exposées, parfois sans témoin ni protection, notamment lorsqu’elles interviennent seules à domicile. Le syndicat évoque des gestes déplacés, du harcèlement, des agressions physiques, mais aussi des violences banalisées dans la relation avec la clientèle.
Des salariées en première ligne dans les secteurs féminisés
Dans les commerces et les services, caissières, vendeuses, hôtesses ou serveuses seraient confrontées à des remarques sexistes, des comportements intrusifs, des pressions hiérarchiques ou encore du chantage aux horaires. La CGTR estime que la précarité, les temps partiels imposés et la peur de perdre son emploi aggravent cette exposition.
Le syndicat met aussi en avant plusieurs chiffres pour rappeler l’ampleur du problème à La Réunion. Il cite notamment 4.501 victimes déclarées en 2024, 20 féminicides en dix ans, ainsi qu’un taux élevé de violences conjugales sur le territoire. Ces données sont utilisées par la fédération pour réclamer une réaction plus forte des pouvoirs publics et des employeurs.
La CGTR dénonce également ce qu’elle considère comme une insuffisance des moyens institutionnels. Elle affirme que les signalements et les procédures restent trop souvent sans suite, notamment dans les dossiers de violences sexuelles. Le syndicat soutient par ailleurs les propositions portées par des associations, syndicats et juristes en faveur d’une loi intégrale contre les violences.
La CGTR demande des sanctions et des moyens
Sur le volet professionnel, la fédération réclame des sanctions contre les entreprises qui ne disposent pas de plan de prévention des violences sexistes et sexuelles au travail. Elle demande aussi davantage de moyens pour les référents, l’extension des prérogatives des conseillers du salarié, la création de jours de congé rémunérés pour les victimes et le recrutement d’inspecteurs du travail formés à ces questions.
La CGTR appelle enfin les salariés, les citoyens et les institutions à se mobiliser, estimant que les violences ne peuvent plus être renvoyées à la seule sphère privée lorsqu’elles se prolongent aussi dans le monde du travail.


