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Clémence pour la mule en situation de handicap mental, arrivée à Gillot avec 1,3 million d’euros de stupéfiants

Ecrit par S.G. – le dimanche 5 juillet 2026 à 06H58

Arrêtée à l’aéroport Réunion-Roland Garros avec près de dix kilos de drogue d’une valeur d’1,3 millions d’euros dans ses bagages, une jeune déficiente mentale a été condamnée à deux ans de prison dont un avec sursis.

« C’est un dossier assez triste, cette jeune femme était la cible idéale pour ses recruteurs » déplore Me Alix Apolant pour la défense. Si les trafiquants de stupéfiants n’hésitent pas exploiter la précarité de personnes en grande difficulté sociale ou financière pour en faire des mules prenant tous les risques, le cas de cette femme de 27 ans interpellée le 15 février dernier à l’aéroport Réunion-Roland Garros en est la parfaite illustration.

Ce jour-là, la jeune passagère qui descend de l’avion en provenance de Paris-Orly fait l’objet d’un contrôle de la douane. Dans ses bagages, une masse suspecte qui s’apparente au jackpot : 3,7 kg de cocaïne et 5,4 kg de cathinone, d’une valeur à la revente estimée autour d’ 1,3 million d’euros.

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"Capacités cognitives limitées"

Mais la mule n’a pas vraiment l’air de réaliser dans quel pétrin elle s’est fourrée : atteinte de déficience mentale, elle fait l’objet d’une curatelle renforcée et présente « des capacités cognitives limitées » note le médecin qui l’examine, concluant à son altération du discernement.

Le parcours de la jeune femme, qui était hébergée depuis quelques mois dans l’Essonne par une femme connue de la police pour des faits en lien avec le trafic de stupéfiants, est facile à retracer. Passée dans un hôtel, elle a récupéré la marchandise dans sa valise avant de s’envoler vers La Réunion contre la promesse d’empocher 6.000 euros à son retour.

A la barre du tribunal correctionnel de Saint-Denis vendredi 3 juillet, la prévenue reconnaît toujours les faits, et son discours semble corroborer les conclusions du psychiatre.

"Influençable, manipulable"

« Elle savait qu’elle transportait de la drogue, elle a été assez autonome pour réserver un logement, commander un taxi et se rendre à l’aéroport », note néanmoins le ministère public. « La quantité est particulièrement importante, et la politique pénale doit s’appliquer en dépit de son handicap » ajoute la magistrate en requérant une peine dans les standards habituels pour les mules, soit quatre ans de prison dont un avec sursis probatoire.

« Il est clair qu’on a affaire à une jeune femme influençable, manipulable, qui a été utilisée par sa colocataire et n’avait aucune idée de la quantité, de la valeur et des risques liés au transport de cette marchandise », souligne Me Apolant, mettant en doute « l’intérêt de placer cette femme en prison. »

Après en avoir délibéré, le tribunal se montrera plus clément que requis : la mule déficiente mentale écope de deux ans de prison dont un avec sursis probatoire, avec interdiction de séjourner à La Réunion pendant trois ans. L’amende de 1,3 million d’euros réclamée par la douane a également été réduite à 200.000 euros.

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