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Hébergement d’urgence : La demande a presque doublé en 2 ans

La Réunion connaît des tensions en matière d'hébergement d'urgence. Devant une importante augmentation des appels au 115, la prise en charge des personnes en situation d’urgence se fait de public prioritaire en public prioritaire.
Ecrit par Sophie Fontaine – le mercredi 23 octobre 2024 à 06H04

L’île fait face à une très forte augmentation de la demande des personnes à la rue pour un hébergement d'urgence temporaire. Cette pression en matière d'hébergement d'urgence est “étroitement liée à l'offre restreinte de logements sociaux et très sociaux”, avance la préfecture.

Le 115 sous tension

Le recours au 115, numéro dédié aux personnes en situation d’urgence nécessitant une mise à l’abri, connaît une importante hausse depuis la crise sanitaire.
Les demandes de prises en charge ont quasiment doublé entre 2021 et 2023, avec une augmentation de 94% sur la période, un taux qui devrait poursuivre son évolution.

L’année dernière, le 115 a été mobilisé en moyenne 430 fois par jour. Derrière ce numéro d’urgence qui fait partie des plus sollicités de France, 9 personnes à La Réunion et un service d’accueil et d’urgences temporaires se relaient pour répondre au mieux aux nécessités de chacun et au mal-être de tous.

Dans son rapport annuel 2024, la fondation Abbé Pierre dressait déjà un bilan alarmant de la situation de mal-logement à La Réunion, indiquant que les demandes au 115 sont passées de 34.334 en 2020 à 59.240 en 2023, avec 28 % de ces demandes qui étaient non pourvues.

En 2023, toujours d'après ce rapport, ce sont 16.000 demandes qui ont été non pourvues. Le rapport de la fondation faisait par ailleurs état de plusieurs personnes “décédées à la rue dans une forme de résignation, voire d’indifférence”.

Plus de places, mais pas assez

Depuis une dizaine d’années, le réseau d'hébergement a été nettement renforcé avec l’ouverture de nouvelles structures, de nouvelles places dédiées à certains publics particulièrement vulnérables. La réorganisation de la réponse au 115 a permis de réduire les délais de réponse mais les efforts ne suffisent pas à mettre à l'abri cette population en grande difficulté et toujours plus nombreuse.

La Réunion dispose de 630 places dans les centres d’hébergement d’urgence, complétées exceptionnellement pour plus de 300 personnes par le recours aux pensions, gîtes et hôtels, soit un maximum de 930 places.

Cette non réponse à une situation d’urgence concerne encore majoritairement les hommes seuls (52 %) mais aussi les femmes seules avec enfants (39 %) et les femmes seules (15 %)*.

“On observe une augmentation de public jeune, des femmes ou des hommes de moins de 30 ans, avec des enfants qui se retrouvent sans solution et que nous avons à héberger
”, indique Patrick Loiseau, responsable du service de La Rue au logement de la DEETS.

Une convention en cours de signature pour les femmes enceintes et les mères isolées

Face à la recrudescence des besoins, la priorité est donnée aux victimes de violence et femmes avec enfants. En 2023, les violences intrafamiliales ont connu une hausse de 17% par rapport à l’année précédente, avec en moyenne 17 interventions quotidiennes des forces de l’ordre pour des faits de violences intrafamiliales sur le territoire. Les victimes comptent en nombre parmi les demandeurs d’hébergement d’urgence de l’île.

Les services de l’État indiquent qu’une convention est actuellement en cours de signature entre le SIAO et le Conseil départemental pour le public relevant de ses compétences légales, à savoir les femmes isolées enceintes avec ou sans enfants ou les mères isolées avec au moins un enfant de moins de 3 ans. Des appels à projets ont été lancés pour développer des structures hébergements comme les maisons relais, pensions de famille et foyers de jeunes travailleurs.

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