Logement : Au moins 120 immeubles neufs et indécents à La Réunion

La Confédération nationale du logement ne dénombre pas moins de 120 immeubles sociaux neufs indécents à La Réunion. Sur ces bâtiments de moins de 10 ans, on a constaté des problèmes d'infiltration, de moisissures, de champignons, ou encore des fuites et des effondrements, soit dans un ou plusieurs appartements, soit dans les parties communes, soit les deux.
Si la majorité des immeubles identifiés comme concernés, soit 48%, sont concentrés sur le territoire de la CINOR, des locataires des quatre coins de l’île vivent dans ces conditions.

DR CNL - Juin 2023
Le top de l'indécence
La palme d’or des pires immeubles situations constatés par la CNL est donnée à l'immeuble Flacourt de la SIDR à Sainte-Marie, “premier immeuble mobile de France”, déplore ironiquement Erick Fontaine, l’administrateur de la CNL. L’édifice, qui se déplace d’un millimètre par mois a fait l’objet d’un important déploiement médiatique et abrite encore des locataires, explique Erick Fontaine.
Dans le triste palmarès du meilleur du pire, on retrouve également la résidence Juliette de la SIDR à Saint-Pierre. Effondrement du faux plafond, infiltrations, moisissures, champignons, fuites au niveau des ballons d’eau chaude, après des actions menées par la CNL, et une fois la mairie saisie, des travaux y ont débuté et sont toujours en cours.
Après expertise, un manque de ferraillage dans les parties communes est confirmé. Le maintien de l’immeuble récent a nécessité la pose de jusqu’à 158 étais. Des étais sont toujours posés tandis que des habitants y vivent encore.
Les infiltrations, moisissures, champignons sont aussi le lot des habitants des “quasi bidonvilles modernes” de la SEMAC à Saint-Benoît. Dans la résidence Éos où malgré la reconnaissance de logements indécents, rien ne bouge, “des enfants sont malades”, déplorent des locataires. Même constat par exemple à la résidence Séléné, inaugurée en 2021.
Pas d'actions engagées pour en déterminer les causes
Matériaux utilisés, manque de contrôles des chantiers, climat, d’où peuvent bien venir ces problématiques récurrentes qui incombent aux constructions sociales récentes ? En l’absence d’expertise, difficile d’affirmer quoi que ce soit.
“Malgré les alertes répétées de la CNL depuis plusieurs années, on ne voit aucune action engagée pour rechercher les causes du désordre” , a avisé une nouvelle fois le président de l’association, Jean Michel Saingainy, qui prône notamment davantage de contrôle des chantiers, dans un courrier récemment adressé au préfet.
Outre la sécurité, la CNL pointe également les éventuels impacts de ces conditions de vie sur la santé des locataires. A force de visiter ces immeubles indécents, Erick Fontaine confie avoir été lui-même diagnostiqué récemment d’un asthme sévère.
Mise en place par la Confédération nationale du logement, une application permet désormais aux locataires de déclarer en ligne un logement indigne à La Réunion. Celle-ci a reçu plus de 980 déclarations en seulement 14 mois d’activité, concernant majoritairement des logements sociaux, de quoi donner une idée du nombre potentiel de locataires réunionnais vivant dans des conditions indignes.


