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Jaloux de l'ex de sa copine... il assaisonne l'innocente !

Correctionnelle Sud – Jeudi 31/08 :
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 31 août 2017 à 10H21

L'attrait "bad boys", ça fait mal. 

J.R., 24 ans, est un jaloux compulsif. Ce qui, la plupart du temps, ne lui vaut que des aigreurs d'estomac. Mais voilà, il picole parfois ; un peu plus que parfois, même, selon ses propres dires. Et là, de l'aveu de tous, quand il est pété comme un coing, il sort de ses gongs : là, Bruce Lee la pas son cousin.

Son sang ne fait qu'un tour

Le 12 avril dernier, il accompagne sa petite copine à la plage d'Etang-Salé. Cela se présente bien sauf qu'avec ses potes en divagation, il a sifflé 1 litre de charrette avant. Beaucoup.

Etang-Salé-les-Bains, bassin Pirogue, tout va bien même si bonhomme a un peu les esprits dans les éthers. Il somnole vaguement, tout est parfait. Mais voilà, soudain, il distingue (vaguement ?) l'ex de sa chérie à quelques dizaines de mètres de là. Que fait là cet ignoble individu ? Comment sa chérie peut-elle admettre que son ex vienne se pavaner sur cette plage, justement à cette heure précise ? Dans son esprit en pâté d'alouettes, pas de doute. Zot i coque toujours ? A tous les coups. Zot lé joujours ensembe alorss' ?
Son sang ne fait qu'un tour.

Ils le narguent à n'en point douter, ils font exprès. Ils mettent à mal sa fierté. Sa jalousie. On va voir ce qu'on va voir. Pour exprimer son ire, J.R. se met à engueuler sa copine. Le voyant de plus en plus menaçant, la jeune fille s'enfuit. Il la poursuit : si elle croit s'en tirer à si bon compte... Car dans son esprit éthylisé, il n'y a pas place pour le doute : ces deux-là ont combiné quelque chose à l'insu de lui-même et l'anguille-sous-roche aura le cou tordu. Ah mais !

Il poursuit la jeune fille sous les filaos dans le dessein de la châtier sévèrement pour ce manque d'égard inqualifiable envers sa suprématie virile.

Il la rattrape et cogne, plusieurs coups de poing à l'épaule.

Il paraît que ça les excite !

Par bonheur, passe par là un quidam un peu moins lâche que le commun des mortels. Il fonce, s'interpose et l'autre prend la tangente. On se demande, et c'est la question posée par la présidente Peinaud : "Que se serait-il passé si personne n'était intervenu ?"

La victime se présente à la barre avec ses parents. Une longiligne, gracieuse, élégamment vêtue et très jolie adolescente dont on se demande ce qu'elle peut faire avec ce gars qui souffre malheureusement, outre de son picolage intense, du délit manifeste de "sale gueule". Disons "bad boy" affirmé : attitude du men-foutant, bouc et crâne rasé. Il paraît que elles, ça les excite. Bon...

Il commence par prétendre que c'est elle qui l'a griffé au cou et qu'il n'a fait que se défendre. En la poursuivant dans la forêt ?

En fin de compte, bonhomme a fini par admettre qu'il reconnaissait ses tendances violentes lorsqu'il a bu.

"Il vaudrait mieux mettre un frein, a dit la présidente Peinaud. Si vous avez besoin d'un punching ball, il ne faut pas vous défouler ni sur notre copine ni sur un gendarme !"

Ce qu'a admis sans peine l'accusé, manifestement sincère et peu fier de lui. Il n'a pas de formation mais en cherche une, preuves à l'appui. Il admet bien volontiers tout ce qu'on lui reproche et sa sincérité semble réelle.

Ce pourquoi la présidente Peinaud, sensible aux réels efforts d'auto-correction du prévenu, a fait montre d'une certaine empathie à son égard et ne l'a pas assaisonné. Le procureur Genet réclamait 8 mois. Le tribunal n'a condamné qu'à 4. Avec mandat de dépôt.

"Mais c''est à vous de gérer vos défauts, monsieur. Tenez compte de l'indulgence". On se plaît à rêver que cet avertissement ne restera pas lettre morte.

 

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