Saint-Louis : deux ans de prison ferme pour avoir revendu du "Dou", notamment à une mineure

Interpellé le 7 octobre sur un parking de Palissade, à Saint-Louis, Yannick a comparu ce lundi 12 octobre devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour plusieurs infractions liées au trafic de "Dou". La découverte de stupéfiants, d'argent liquide et d'échanges notamment avec une adolescente de 16 ans a conduit la justice à s'interroger sur l'ampleur de son activité de revente.
Une voiture aux phares allumés, stationnée sur un parking connu pour être un point de vente de stupéfiants. Le 7 octobre dernier, dans le quartier de Palissade à Saint-Louis, cette situation attire l'attention d'une patrouille de gendarmerie. À bord d'un Volkswagen T-Roc, Yannick se trouve en compagnie d'une jeune femme.
Lors du contrôle, les militaires découvrent au sol des sachets destinés au conditionnement de stupéfiants. Yannick remet alors spontanément deux petites boîtes contenant de la poudre blanche. Au total, 1,33 gramme de "Dou" est découvert, ainsi que 700 euros en liquide sur le prévenu.
La perquisition menée à son domicile permet de retrouver du matériel destiné à la préparation et au conditionnement de drogue, mais aussi 487 grammes de cannabis et 1,36 gramme de "Dou" sous forme de cailloux.
Placé en garde à vue, Yannick finit par reconnaître sa consommation et la vente de stupéfiants.
Des transactions sur Snapchat, dont une avec une mineure
L'exploitation de son téléphone révèle plusieurs échanges liés à la vente de drogue, notamment sur Snapchat. Parmi eux figure une transaction avec une adolescente de 16 ans. Auditionnée, la mère de cette dernière livre avoir découvert la consommation de stupéfiants de sa fille en retrouvant des briquets cassés et une pipe à crack. À la barre, Yannick, 35 ans, affirme qu'il ignorait l'âge de la jeune fille, pensant qu'elle était majeure puisqu'elle avait un enfant.
Les enquêteurs découvrent également de nombreuses photographies d'argent et de stupéfiants sur son téléphone. Des clichés pris "pour faire l'intéressant", explique le prévenu.
L'examen de ses quatre comptes bancaires fait apparaître de nombreux mouvements financiers. Yannick les justifie par des transactions effectuées pour rendre service à des amis et à des membres de sa famille.
Concernant son approvisionnement, il explique acheter la drogue auprès d'un groupe, au Gol ou directement à Palissade, avant de la revendre à des personnes qui le contactaient notamment sur Snapchat.
"Je suis tombé dedans après ma séparation"
Chauffeur poids lourd dans une entreprise de vidange, Yannick décrit une vie qui aurait basculé après sa séparation avec la mère de ses deux enfants. Une période marquée par une dépression, des arrêts maladie et une consommation de stupéfiants, décrit-il son parcours.
À la barre, il assure ne pas avoir tiré de bénéfices de son activité de revente. Pour le ministère public, la question est tout de même de déterminer "quelle est l'ampleur du trafic auquel il s'est livré". Calme, posé, Yannick ne ressemble pas aux profils dressés par les autorités du consommateur de Dou. "Il a voulu se présenter comme un simple consommateur-revendeur qu'il n'est pas", estime le ministère public.
La vice-procureure réclame ainsi une peine suffisamment importante pour le "dissuader durablement et en même temps qui ne le désinsère pas". Elle propose une condamnation de trois à quatre ans d'emprisonnement, dont un an ferme, avec une possibilité d'aménagement.
La défense insiste, au contraire, sur le parcours personnel du prévenu et les circonstances qui l'auraient conduit à consommer puis à revendre cette drogue. "Mauvaises fréquentations, influence ou accident de vie et on est conduit dans ce produit fort addictif", plaide son avocat Me Alexandre Flottes. Pour ce dernier, il ne s'agit ni d'une organisation structurée ni d'un réseau de trafic. Il demande au tribunal de prendre la mesure "d'un trafic à la petite semelle".
Trois ans de prison, dont deux ans ferme
Le tribunal correctionnel de Saint-Pierre a finalement condamné Yannick à trois ans d'emprisonnement, dont un an avec sursis, soit deux ans ferme. Son maintien en détention a été ordonné. La condamnation s'accompagne également d'obligations de soins et de travail.
Les juges ont également prononcé la confiscation des scellés, notamment du Volkswagen T-Roc, considéré comme un instrument de l'infraction, ainsi que des 700 euros retrouvés sur le prévenu. En revanche, les près de 4.000 euros présents sur ses comptes bancaires, qui avaient été saisis et pour lesquels le parquet avait demandé la confiscation, lui ont été restitués.


