Procès du "cabinet noir" de Didier Robert : l'ancien président de Région garde le silence, ses anciens collaborateurs s’expliquent

Le procès en appel s’est poursuivi toute l’après-midi à la cour d’appel de Saint-Denis. Les prévenus encore poursuivis dans le dossier des emplois présumés fictifs du cabinet de Didier Robert, alors président de Région, se sont succédé à la barre.
Après une matinée riche en rebondissements, l’apaisement est revenu pour cette deuxième moitié de journée.
Didier Robert a réitéré son choix de garder le silence, laissant à ses anciens collaborateurs le soin de s’exprimer. En premier lieu, la cour a longuement écouté Ravy Vellayoudom. La période de prévention le concernant s’étend de 2017 à 2019. L’agriculteur de profession explique avoir un temps occupé un poste de conseiller technique avant d’être brièvement nommé au cabinet. « Un véritable honneur d’avoir travaillé pour Didier Robert », clame-t-il en jetant un œil à l’ancien président de Région.
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À l’entendre à la barre, il n’aurait pas eu de lien direct avec Vincent Bègue, le directeur de cabinet de l’époque. Pourtant, des pièces, comme une évaluation signée de la main de ce même directeur, viennent mettre à mal ses propos.
L’homme aurait perçu 97.000 euros pendant la période de prévention.
Sabrina Ramin se justifie à la barre
Après lui, c’est au tour de Sabrina Ramin de s’expliquer. Affectée au pôle culture et au développement du conservatoire de Saint-Benoît, elle aurait été peu présente au bureau, selon les déclarations de son supérieur hiérarchique. Très peu de traces de badgeage sont notamment relevées.
Elle explique avoir rencontré des difficultés avec le code de son badge, réglées après l’envoi d’un mail de sa part. Mais, là encore, les déclarations recueillies lors de l’enquête semblent contredire sa version. « J’ai travaillé avec l’ensemble des collèges, des artistes… Mon rôle était de les démarcher pour les faire venir au conservatoire. »
L’avocate générale la questionne alors : « Pourquoi vous ne rendez pas compte à votre hiérarchie ? » Sabrina Ramin explique l’avoir fait oralement, puisqu’elle et sa supérieure hiérarchique travaillaient dans le même bâtiment. Elle affirme par ailleurs que les enquêteurs ne se sont pas déplacés sur son lieu de travail pour procéder à des vérifications. Elle assure également que, grâce à elle, le conservatoire de l’Est a connu « un regain de fréquentation ».
Les réquisitions attendues vendredi
L’interrogatoire est interrompu par Me Creissen qui, furibond, dénonce la partialité de l’avocate générale. La présidente tente de ramener le calme : « Si vous le permettez, maître, la parole est à l’avocate générale. » « Oui, je vous le permets », rétorque l’avocat. L’échange est consigné au greffe.
La journée s’achève sur l’interrogatoire d’Yves Ferrière concernant son rôle entre 2017 et 2019. Il évoque notamment son travail autour du port de Sainte-Marie et de sa réalisation. Demain, la cour devrait entendre plus longuement Jean-Louis Lagourgue qui, au cours de cette audience, a été questionné à plusieurs reprises sur les signatures de contrats.
La journée de vendredi devrait être consacrée aux huit plaidoiries et aux réquisitions de l’avocate générale.


