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François Caillé : "Les planteurs méritent le respect"

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 24 novembre 2011 à 17H26

 

Casquette sur la tête, François Caillé a enfilé son bleu de travail. Depuis le début de semaine, l'homme d'affaires travaille dans les champs comme "ouvrier agricole" au sein de la plantation de la famille Canabady, à Saint-Pierre. Il dit être venu pour se ressourcer : "C'est un défi vis-à-vis de moi-même. On est catalogué comme des intellectuels, capables que de réfléchir, travailler avec la tête et pas avec les mains. Je voulais savoir un peu ce que c'était que le travail manuel et partager cela avec les ouvrier agricoles. Se lever le matin, être dans les champs, bien cuire dans le soleil et planter la canne, c'est une des activités maîtresse de la Réunion", explique l'ancien patron du groupe Caillé.

Un travail ingrat

François Caillé avait besoin "de changer d'air après les deux ans un peu pénibles" qu'il vient de passer. Pour Gilbert Canabady, son "stagiaire" ne fait pas semblant. "Il apprend vite, très vite", souligne le patriarche de la famille Canabady. Toute la semaine, François Caillé a donc découvert le quotidien des ouvriers agricoles. Couper les cannes, replanter, réparer les tuyaux d'irrigation, livrer les cannes à la balance, il a tout expérimenté...

Après quelques jours d'efforts intenses, l'ancien président du Medef comprend mieux la problématique des ouvriers agricoles : "On comprend beaucoup de choses, c'est un travail très ingrat, extrêmement fatiguant et extrêmement pénible sur le plan physique. Ces gens méritent vraiment le respect. Ensuite, en termes de rémunération, on serait à leur place, on trouverait que notre rémunération est insuffisante. (...) Je comprends mieux maintenant les revendications à ce niveau-là. (...) Ils rencontrent un vrai problème. Les gens qui sont autour de moi avec qui je travaille depuis quatre jours, ils me disent qu'ils n'ont pas envi d'être déclarés parce qu'ils n'ont pas envie de payer des impôts, ils gagnent tellement peu. C'est un vrai problème. Je ne répond pas à ça naturellement, ce n'est pas à moi en tant que patron et ancien président du Medef qui doit porter un jugement mais je crois que c'est un vrai problème qui mérite débat", conclut-il.

L'initiative n'est pas amenée à se généraliser à tous les hommes politiques et patrons de l'île. Dommage, Gilbert Canabady serait éventuellement prêt à leur faire découvrir la réalité du métier d'ouvrier agricole... A qui le tour ?

 

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