Elections départementales : Revoilà l'union de la droite et du centre

Une belle photo de famille et revoilà l'union de la droite et du centre. A quelques semaines des élections départementales, les représentants de l'UDI, Objectif Réunion, Droite Sociale, UMP et MRA ont présenté leur "plateforme commune" en vue des prochaines élections départementales, mais également régionales. L'occasion également de faire un point avec les candidats de l'union positionnés sur les cantons de Saint-Denis.
Qui dit plateforme commune, dit idées communes. Les deux présidents du Département et de la Région, Nassimah Dindar et Didier Robert, se sont lancés, dans un premier temps, sur un "discours de politique générale", revenant sur les actions portées par leur collectivités respectives. Le but ? Rappeler l'importance de travailler "ensemble" pour faire avancer la Réunion. "C'est une cohérence à défendre, une cohérence au niveau des idées, des projets et une vision de développement. Une cohérence pour les prochaines départementales qui ne peut fonctionner sans l'autre collectivité. Il faut avoir une vision partagée et travailler ensemble pour les élections à venir", explique la présidente du Département, Nassimah Dindar.
Après avoir "loué" leurs actions, le temps de la critique est arrivé. Didier Robert et Nassimah Dindar n'ont pas oublié de s'attaquer au gouvernement, à sa politique sociale et économique. "Aujourd'hui, c'est la politique de l'ombre. Le gouvernement aura fait la preuve, pendant ces deux ans à la tête de l'Etat, de son incapacité à comprendre l'outremer (…) Cette union répond à une attente des Réunionnais", ajoute Didier Robert.
"Une union indispensable"
Autour, les candidats dionysiens aux départementales acquiescent. Ils sont là pour les Réunionnais et ne veulent pas être "absents" du terrain. Visés par les critiques, les élus socialistes du Département. "On va mener une action contre la politique anti-sociale du gouvernement actuel", rappelle Nadia Ramassamy, candidate avec Alain Armand sur le canton de Saint-Denis. La présence de ce dernier peut étonner. Dans la majorité au conseil municipal socialiste de Saint-Denis, Alain Armand fait bien la différence entre un "projet local" et la "gestion d'un pays". Reconnaissant avoir été déçu par François Hollande, il se rallie aujourd'hui à cette plateforme.
Les deux présidents de collectivités sont désormais main dans la main avec un double objectif. Ils souhaitent s'entraider pour les prochaines élections, tout en gardant leur présidence. Une plateforme d'union, un peu comme feue la "Réunion en Confiance" qui avait porté Didier Robert à la tête de la Région en 2010. "Une union indispensable", aux yeux de Nassimah Dindar pour être "crédible" face à la politique socialiste.
Une ouverture vers le centre-gauche ?
Une "belle union" qui devrait quand même connaître quelques turbulences. Tous souhaitent ouvrir cette plateforme jusqu'au centre-gauche, comprendre par là le Modem et le LPA de Thierry Robert dont les accointances avec Nassimah Dindar son connues, tout comme les rivalités qui existent avec Didier Robert. "Si nous ne partageons pas le même projet, nous ne pourrons pas être sur cette plateforme", rappelle le président de Région. La nouvelle route du littoral est prise en exemple. Impossible de voir le "pilote" de ce projet s'afficher aux côtés de ses détracteurs. "Si le LPA s'oppose aux carrières et dépose des recours, il y a un élément d’ambiguïté. Je ne peux pas considérer l'élargissement jusque là", ajoute Didier Robert.
Proche de Thierry Robert et de Jean-Paul Virapoullé, Nassimah Dindar est prévenue. A l'heure des Régionales il faudra faire des choix. Même si cette union naissante semble destinée à durer au moins jusqu'au départementales, on voit mal, dans l'état actuel des choses, Didier et Thierry Robert s'asseoir à la même table autourde cette plateforme, avec le risque que cette union ne vole en éclats.


