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Élection présidentielle : La COI forme des journalistes malgaches aux situations de crise

À Madagascar, la campagne présidentielle donne lieu à des violences et à la propagation de fausses informations, souvent fabriquées de toutes pièces, visant à influencer le scrutin. Un programme de formation de la Commission de l'océan Indien aide des journalistes à mieux affronter la situation.

Ecrit par Thierry Lauret – le dimanche 29 octobre 2023 à 18H52

Les précédentes élections présidentielles à Madagascar ont été marquées par des situations de violences – notamment policières – et de contestation des institutions. Celle qui se profile le 16 novembre ne devrait pas déroger à la règle. Le premier tour a déjà été reporté d’une semaine en raison de la blessure à l’œil, par un tir de grenade lacrymogène, du candidat Andry Raobelina, à ne pas confondre avec le président de la République et candidat à sa propre succession Andry Rajoelina.

Dans le cadre de son programme « Gouvernance, paix et stabilité en indianocéanie », la Commission de l’océan Indien (COI) a entrepris de préparer une vingtaine de journalistes malgaches à aborder cet événement majeur de la vie politique du pays. L’accent a notamment été porté sur le traitement factuel des informations et le rôle et les compétences de la Ceni, la commission électorale malgache, un organe majeur du scrutin souvent mis en doute dans les médias.

« L’idée, en définissant cette partie du projet, c’était de voir comment les journalistes pouvaient mieux suivre et comprendre l’élection pour mieux en parler ensuite, en s’appuyant sur l’aspect factuel parce qu’à Madagascar il y a beaucoup de rumeurs, d’opinions qui sont émises et qui passent pour des faits. Il s’agit d’avoir une capacité critique sur le processus électoral », expose Jean-Luc Mootoosamy, expert médias de la COI pour le projet Gouvernance, paix et stabilité.

« Rupture de confiance »

Ce journaliste mauricien, qui travaille pour l’agence CFI (le prestataire retenu par la COI pour cette mission), partage son expérience des « zones de conflit assez tendues » comme Congo, le Soudan, ou la Centrafrique. « La leçon que j’ai apprise c’est qu’il faut que les journalistes dialoguent avec les institutions », confie-t-il en expliquant avoir fait se rencontrer journalistes et membres de la Commission électorale.

« Il y a souvent beaucoup de méfiance, par rapport à qui organise l’élection, quelle que soit l’institution, comme c’est le cas à Maurice où il y a une rupture de confiance malheureusement depuis 2019 entre une partie de la presse et la commission électorale. A Madagascar, c’est clairement le fait qu’il y a des nominations qui sont faites, le mode de désignation du président de la commission électorale laisse penser à certains que la nomination n’est pas indépendante. C’était l’objet de la démarche : permettre que les professionnels de la commission électorale puissent expliquer leur travail, et dire aussi comment on procède sur des exemples très précis », détaille Jean-Luc Mootoosamy.

Le groupe de journalistes malgaches, composé de 13 femmes et 7 hommes représentants toutes les régions de l’île Rouge, a par la suite suivi une formation pratique sur la gestion des situations de crise. L’objectif étant de se préparer à affronter le traitement en urgence de l’information, lorsque le risque de propagation de fausses informations fabriquées de toutes pièces, ou de rumeurs infondées, atteint son seuil le plus critique.

« On a un groupe sur une messagerie où les journalistes m’envoient tout ce qu’ils produisent », poursuit l’expert médias de la COI, qui suit avec intérêt l’évolution de la campagne électorale et le traitement qui en est fait par les journalistes du projet Gouvernance, paix et stabilité. Un dispositif qui a été étendu aux Comores, aux Seychelles et à Maurice.

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