Chasse aux sorcières à St-Paul: A chacun son tour !

Le 30 mars continue de laisser des traces à Saint-Paul. En position de force depuis quatre mois, les employés placardisés d'hier ne se cachent plus pour vider leur rancoeur.
Crâne rasé, trois décennies de mairie dans les jambes, Franck Natio est de ceux-là. Au contact de l'altercation de mercredi avec les agents aux contrats non renouvelés, il rumine six années de ce qu'il qualifie de "mise au placard", lui aussi. La victoire de Sini' est donc venue comme une libération personnelle. "A zot tour de viv' ce que nous la vécu en 2008", était le refrain préféré des protecteurs du maire, mercredi dernier, devant l'hôtel de ville.
"En 2008, du jour au lendemain la di a moin allé pass' ballé dan cimetière. Moin la accepté. Maintenant i faut que zot i accepte aussi", raconte Franck Natio, encore à fleur de peau. Direction donc le cimetière de l'Etang pour l'ancien agent de bureau qui avait travaillé notamment à la mairie annexe de Grande Fontaine.
Le pataquès mené ce mercredi par des agents qui se disent à leur tour victimes du changement de majorité, n'est donc pas près de l'émouvoir plus que ça. "En 2008, c'était pire pour nous ici avec l'arrivée de l'équipe Bello", s'en souvient-il.
D'autres de ses collègues gardent en mémoire le traitement auquel avait eu droit Alain Bénard lorsque le maire battu avait tenté de mettre les pieds dans le conseil municipal. "Au bout du 3e conseil, M. Bénard préférait ne plus venir", s'en souviennent-ils. C'est dire qu'ils sont aujourd'hui peu émus devant les quolibets qui pleuvent dans les couloirs de l'hôtel de ville quand les perdants de 2014 s'annoncent.
Comme dans beaucoup de mairies au sortir des élections, les cartes sont redistribuées. "Ils disent qu'ils sont environ 80 concernés par des fins de contrat. Je peux dire que nous en 2008, nous étions presque 300 dans le même cas", compare Franck Natio. "Aujourd'hui zot i vient crier haut et fort que zot contrat lé fini ou alors zot i demande l'intégration. Ben à cause quand Bello té là zot la pas demandé?", interroge le titulaire.
"J'adore mon maire"
Le "chacun son tour" semble être la seule explication valable de toute cette agitation post-électorale. Et Saint-Paul n'est évidemment pas isolé.
L'employé communal craint-il un revirement de situation en 2020 en s'affichant ainsi ? Pas d'inquiétude en vue : "A Saint-Paul, la droite l'a toujours été la majorité. Les gens ont voulu un changement en 2008 et ils ont vu que le changement n'était pas bon. Ils voient aujourd'hui que Sinimalé travaille pour les Saint-Paulois. Personnellement, j'ai fait campagne pour Sinimalé. Je m'occupais de la voiture sono", explique sans hésiter Franck Natio.
"Moin la toujours été de droite ! J'adore mon maire. C'est un maire pour tous. Nou lé là pour travailler pour Saint-Paul jusqu'en 2020", certifie le médiateur qui a commencé en 1981 sous l'ère Bénard, père. C'est dire.



