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Le président de l'université Mohamed Rochdi pète les plombs

Ecrit par Pierrot Dupuy – le mercredi 8 décembre 2010 à 17H10

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C'est à 01h56 du matin, lundi, que le président de l'université a répondu par un mail extrêmement violent au secrétaire du SneSup, syndicat dont il était jusqu'ici membre et qui le soutenait.


Faut-il qu'il soit aux abois pour que Mohamed Rochdi perde tout contrôle, la notion de temps et se jette sur son ordinateur à une telle heure pour insulter les syndicats, dont le sien répétons-le, plusieurs de ses collègues enseignants et "l'extérieur" ? 

En tout cas le moins qu'on puisse dire c'est ni l'heure choisie, ni le ton adopté et ni les termes retenus témoignent d'une grande sérénité et d'un sens des responsabilités. .

Qu'on en juge : Mohamed Rochdi accuse le secrétaire général du Snesup "de prêter volontairement ou involontairement main forte" à ceux qui s'opposent à sa politique et désignés, eux, "d'agitateurs irresponsables" s'appuyant sur "leur syndicat et l'extérieur".

Pour Mohamed Rochdi "ces énergumènes" veulent prendre l'université a des "fins électoralistes" et "localistes".


Mohamed Rochdi est coutumier d'emportements quand il est en difficulté mais là son déchainement a jeté l'émoi dans toute la communauté universitaire. Nombreux sont ceux qui s'interrogent de plus en plus ouvertement sur sa capacité à conduire l'université au moment même où elle doit se transformer pour répondre à  des exigences nouvelles.

Le texte de Mohamed Rochdi a fait vivement réagir les syndicats qui nous l'ont transmis. Mais il risque de faire couler beaucoup d'encre également, au delà des insultes qu'il recèle, sur ce que Rochdi appelle le "localisme". C'est à dire sans doute aux yeux de Rochdi l'interdiction aux Réunionnais à prétendre avoir leur mot à dire et une place, fut-elle limitée, dans cet établissement ! 

Cette poussée de violence de la part de Mohamed Rochdi fait suite à la lettre que lui a envoyé le 1er décembre, puis le 3 sous forme de lettre ouverte, le Secrétaire Général du SneSup qui contestait en des termes sévères son "refus d'inscrire des doctorants à l'université de la Réunion". La contestation portait à la fois sur la démarche adoptée par le président, sur les critères qui ont été les siens et sur les conséquences de sa conduite tant pour les étudiants que pour l'établissement et le département. 


Cette affaire de refus est suffisamment sérieuse qu'on peut comprendre que ses propres amis  s'en inquiètent.

En fait elle révèle la façon dont le président conduit l'université et surtout tout ce qui était masqué dans l'affaire des "bourses doctorales" pour laquelle l'UNEF et Gilles Leperlier se sont beaucoup dépensés ces dernières semaines.

La fameuse "Commission d'experts", dont l'UNEF a exigé du Conseil Régional qu'il se soumette à ses avis, n'est en réalité que la couverture de démarches fondées sur un triple clientélisme qui permet au président de tenir et les enseignants et les étudiants, et in fine l'université à travers ses recrutements .

Les enseignants parce que cette fameuse commission a vite fait de leur expliquer que s'ils ne se rallient pas au Président, leurs doctorants n'auront aucune bourse, leurs laboratoires se verront rogner leurs crédits et leurs recherches nécessaires à leurs carrières en pâtiront.

Les étudiants qui veulent faire des doctorats quand on leur aura expliqué que s'ils veulent des bourses, ils doivent choisir "les bons profs", ceux qui leur sont fortement "suggérés". Ainsi, ces profs pourront se constituer un lot d'étudiants contraints dont ils se réclameront pour obtenir crédits, moyens et considération qui, pour certains d'entre eux, est loin de n'être qu'intellectuelle !

A l''université on sait octroyer des bourses à des étudiants venus directement de France pour les études doctorales, et qui ensuite étaient recrutés par l'université. Et qui bien entendu savaient qu'il leur restait à faire pour eux et pour garantir à leurs proches restés en métropole les mêmes voies d'excellence. 

Toute cette cuisine  a été faite au nom bien évidemment de la "science", de l'aide aux laboratoires "amis"avec le soutien de la Région. La complicité du cabinet de Région sous la présidence de Paul Vergés a été totale dans cette affaire car on n'a pas hésité à appeler aides "à l'homme réunionnais" les sommes considérables versées à ces laboratoires amis qui s'empressaient de faire venir des étudiants doctorants venus chercher des bourses régionales, puis des postes.

L'implication  de Françoise Vergés et Carpanin Marimoutou de l'ex -MCUR a été totale également !

L'université était alors devenue une machine idéologique entre les mains de gens qui ne voyaient pas d'états d'âme à servir un tel projet pour peu qu'au passage, de brillantes carrières leur étaient garanties.

On comprend mieux ainsi que le cabinet de la Région, avec Philippe Berne, Raymond Mollard et Maya Césari  se soient dépensés pour garantir l'élection de Mohamed Rochdi, puis en retour le soutien de l'université à la MCUR, le statut de Carpanin Marimoutou ces 4 dernières années et le ralliements de Mohamed Rochdi à l'équipe Vergés pour sa campagne aux régionales.


Le résultat des régionales a mis à mal tout ce projet et tout ce petit monde.
 L'affaire des "bourses régionales", sur des critères et procédures redéfinis par les nouveaux élus, n'est que la traduction du combat qui se livre pour la redéfinition d'une université respectueuse de ses missions et de l'intérêt de La Réunion.  

On peut comprendre dès-lors  que la décision de la nouvelle équipe de la Région ait suscité autant de contestations et la mobilisation jusqu'aux ex-conseillers régionaux comme Raymond Mollard qui ont été rappelés pour donner de la voix.

C'est tout un système avec ses combines et ses échanges de bons procédés à tous les niveaux qui risque d'être mis à mal !

Et dire que c'est au nom du "clientélisme" prêté à l'actuelle équipe régionale que l'UNEF a mené sa contestation!

Refuser d'inscrire des étudiants en doctorat, c'est pour Mohamed Rochdi sauver ce qui lui reste de ce système. Au fait avez-vous relevé  ici ou là une réaction de Gilles Leperlier et de l'UNEF?

Mais en s'emportant avec une telle violence Rochdi a fini par inquiéter ceux qui jusqu'alors le soutenaient, d'autant qu'il n'a plus les moyens de les satisfaire tous, et ouvrir les yeux aux autres.
C'est ainsi que d'ici à mercredi prochain, plus de 15 agents contractuels, dont certains de plus de 50 ans et avec plus de 10ans d'ancienneté, vont être "jetés  comme des kleenex" pour reprendre l'expression de notre informateur, car leurs contrats ne seront pas renouvelés!

Un Président qui pète les plombs et une université obligée de licencier des personnels dont elle a grandement besoin ! Au secours !

 

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