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Différences culturelles, magnésium… Les excuses mirobolantes du mari marocain qui bat sa femme

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 29 décembre 2017 à 18H37

Un sacré personnage se trouvait devant le tribunal correctionnel ce vendredi. Un moulin à paroles qui laisse à peine parler la présidente du jury et interrompt le procureur. Difficile de comprendre ce que A.M raconte, à toute vitesse et dans le désordre, rythmé par des "taisez vous!". "Taisez? Je ne connais pas ce mot", indique-t-il avec un accent marocain très prononcé qui ne facilite pas les choses. "Regardez moi!", doit aussi rappeler régulièrement la présidente car le prévenu se retourne sans cesse pour regarder sa femme.

Cet habitant de Saint-Benoît, 28 ans, à La Réunion depuis mai 2016, était devant le tribunal pour violences conjugales. Le 27 décembre, voyant que de l’argent manque dans leur "enveloppe pour les courses", il demande des explications à sa femme. Apprenant qu’elle a donné de la monnaie à son fils, il s’énerve et la bat. Claques et coups de pied pour la pauvre femme qui réussit à s’enfuir chez une amie. À l’hôpital, on suspecte deux côtes fracturées. Le médecin lui attribue 10 jours d’ITT.

Et c’est en déposant plainte pour cet incident-là qu’elle raconte les faits du 31 octobre, le soir d’Halloween. Décidément, il se lâche en période de fêtes ! À nouveaux des reproches concernant son fils, puis il lui balance une chaise dessus, lui jette un livre au visage et clôture le tout avec des coups de pieds et coups de poings.

"Pas assez de magnésium, ça rend agressif, je l’ai vu sur internet"

Ils se disputent en effet souvent au sujet du fils de sa femme, mère de trois enfants d’un mariage précédent. Mais selon A.M, ce n’est pas tant le fils le souci mais son diabète et surtout le manque de magnésium. "Pas assez de magnésium, ça rend agressif, je l’ai vu sur internet", affirme-t-il.

Autre raison pour son agressivité, des "différences de mentalité"  avec les Français. "Vous avez le visage fermé, nous les Africains, c’est pas pareil".

Ce qui semble surtout le déranger c’est que sa femme lui donne parfois des ordres; et ce n’est pas son rôle. Par contre, qu’elle travaille et lui non, cela ne semble pas poser de problème.

Dans la salle, sa femme se cache et pleure. Elle compte demander le divorce mais lui ne le sait pas encore. Sans emploi et sans famille, avec un titre de séjour jusqu’en mars 2019, l’étranger entièrement dépendant de sa femme prend mal la nouvelle. "Tu ne veux plus de moi? Tu ne veux plus de moi?" répète-t-il. La question du tribunal est claire: "Préférez-vous la prison ou un foyer d’hébergement?" Lui, s’entête à ne s’adresser qu’à sa femme. Sorti de force de la salle par la police, il finit par crier "foyer, foyer, foyer!". Pas si fou que ça. L’expertise psychologique ne révèle d’ailleurs aucune anomalie mentale, ce qui "peut surprendre" commente la présidente.

Mais que faire de cet homme, sans casier judiciaire, et isolé à La Réunion? Le procureur avoue hésiter… Normalement il n’aurait pas requis la prison, mais où le mettre? Et rien ne garantit qu’il ne tentera pas de se rapprocher à nouveau de la victime une fois libéré.

Il est finalement condamné à huit mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve avec obligation de soins, interdiction d’entrer en contact avec la victime, interdiction de s’approcher de son domicile et interdiction de se rendre à Saint-Benoît.

Même l’audience levée, A.M continue à vociférer en parlant de "magnésium", de "diabète" et de "mentalité africaine"...

 

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