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Vidéo – Un migrant sri lankais obligé de se cacher, sa compagne réunionnaise est enceinte de lui

L’amour plus fort que tout. Pauline a rencontré Pradeep il y a un an à Saint-Denis. Un amour qui se vivait normalement jusqu’à ce que ce Sri Lankais arrivé en 2018 ne se fasse interpeller dans la rue.

Ecrit par SF---GD---LG – le vendredi 05 mai 2023 à 15H52

Leur amour réciproque va-t-il avoir raison de la cour administrative d’appel de Bordeaux dans quelques mois ? Pauline et Pradeep (prénoms d’emprunt), un Sri Lankais arrivé le 14 décembre 2018 à La Réunion avec 61 autres passagers, se sont rencontrés alors qu’ils étaient voisins de pallier. 

« J’ai emménagé il y a un an ici (dans un immeuble de Saint-Denis, ndlr) et lui vivait déjà dans l’appartement juste à côté du mien avec trois autres Sri Lankais », nous explique Pauline. 

La Réunionnaise de 37 ans a tout de suite ressenti une attirance pour Pradeep, 36 ans. Ce qu’elle ne savait pas, c’est que cet amour était réciproque. C’est donc avec beaucoup de tendresse qu’elle se remémore avec nous de ce moment où c’est finalement lui qui a fait le premier pas. « Il est entré dans l’appartement et m’a embrassée », se souvient-elle avec émotion

La communication est difficile au départ. Lui ne parlant pas français, les échanges se font grâce à un logiciel de traduction mais bien vite, dit-elle, « on n’en a plus eu besoin tellement on se comprenait ». 

A aucun moment Pauline n’a pensé que sa situation de demandeur d’asile allait poser problème un jour. Et pourtant. « Il sortait de notre immeuble ce 25 avril lorsqu’il s’est fait arrêter par des policiers, comme ça dans la rue ». Pradeep est alors ​emmené au Centre de rétention administrative et démarre une procédure judiciaire qui l’amène le 28 avril devant le juge administratif. L’audience a lieu à 14 heures ce vendredi-là et son avocat n’est prévenu que trois heures avant. C’est donc sans réelle préparation que s’organise sa défense. Le tribunal administratif rejette alors sa demande d’annulation d’obligation de quitter le territoire français (OQTF).

Le lendemain samedi, le ressortissant sri lankais est présenté à un juge des libertés à Champ fleuri. Ce dernier lui signifie qu’il est de nouveau libre. Son avocat avait naturellement fait appel de la décision du tribunal administratif de Saint-Denis ce qui amène Pradeep à vivre désormais caché quelque part à La Réunion.

Une grossesse qu’elle regrette de devoir vivre seule 

A tout moment, il peut être interpellé et conduit à la frontière. Un scénario que Pauline ne peut s’imaginer, tout d’abord pour l’amour qu’elle lui porte mais aussi parce qu’elle est enceinte de lui. 

« Quatre jours avant qu’il ne soit arrêté, j’ai découvert que j’étais enceinte. C’était le 21 avril. J’étais justement en train de réfléchir à la façon dont j’allais lui annoncer sa paternité. Je pensais le lui apprendre en faisant un appel vidéo avec sa maman au Sri Lanka », nous explique-t-elle avec les yeux qui brillent. Pauline n’espérait plus revivre des moments aussi forts alors qu’elle a dû affronter une terrible épreuve dans sa vie, la perte d’un enfant à 5 mois, la mort subite du nourrisson. Elle est par ailleurs aimée de son premier fils qui a douze ans aujourd’hui. 

« Je ne comprends pas comment l’administration peut laisser sur le territoire quelqu’un pendant autant d’années et puis dire un jour que c’est bon, il faut repartir dans ton pays », nous explique-t-elle sa vision des événements. 

Une logique administrative qui donne en effet à réfléchir quand bien même la longue durée d’instruction des dossiers par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides n’est plus à démontrer.

Contraint de vivre en cavale pour ne pas être interpellé, Pradeep n’aura donc pas l’opportunité de vivre la grossesse de sa compagne réunionnaise. Une évidence qui meurtrit Pauline. « Tout ça pour un papier », se désole-t-elle tout en ne pouvant contenir des larmes.

Depuis quelques jours, elle a droit à la visite des policiers qui viennent lui demander si son compagnon est dans l’appartement. « Les policiers restent à la porte », nous explique-t-elle « mais je leur ai déjà dit qu’ils pouvaient entrer et vérifier s’ils le souhaitaient. Comme s’il pouvait se cacher là, dans ce si petit appartement… », en est-elle désabusée. 


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