« J’ai tout perdu. Tout le stock était là, ça doit représenter entre 60 et 80.000 euros. Alors on est assuré bien sûr, mais c’est le côté sentimental qui nous fait nous demander maintenant, si on veut continuer cette activité au sein du skatepark de la Trinité », nous confie Antoine Sakellarides, gérant du magasin de skate « CheeseSkate ».
Derrière les murs colorés de l’éco-box, il ne reste rien: planches de skateboards, chaussures, t-shirts, tout est carbonisé. Un an et demi d’activité parti en fumée. Mais ce qui laisse vraiment un goût amer à Antoine et aux habitués du skatepark, c’est qu’ils pensent très bien savoir qui sont les jeunes à l’origine de l’incendie.
Trois jeunes tentent de payer avec des faux billets
« Au-delà de la partie commerce qu’on propose, on faisait aussi un peu fonction de consigne gratuite pour les jeunes: ils pouvaient déposer leurs sacs, charger leurs téléphones etc. Parce qu’il y avait beaucoup de vols sur le skatepark, mais depuis un an ça va beaucoup mieux. Du coup il y avait un vrai lien social avec les jeunes, y compris les plus difficiles », nous explique Antoine.
Jusque-là, tout se passait bien au skatepark de la Trinité, pour les adeptes de la glisse comme pour les jeunes du quartier. Mais il y a une quinzaine de jours, les relations se sont tendues avec trois jeunes du coin qui ont tenté d’acheter des produits avec des faux billets de 20 euros, nous raconte le gérant.
C’est le fils d’Antoine qui gardait alors la boutique et qui s’est aperçu de l’arnaque. Il a pu clairement identifier les trois individus au moment de déposer plainte. S’il l’un d’eux s’est depuis excusé auprès du gérant, les deux autres ont nié les faits, et ont eu l’audace de revenir trainer près du magasin jeudi dernier.
« Ils se sont vengés »
« Je leur ai alors demandé de partir, de ne plus venir sur la boutique, parce que je n’appréciais pas leur présence, du fait qu’ils ont voulu m’arnaquer. Alors que, j’insiste, j’entretenais des relations très cordiales avec ces jeunes-là », raconte le gérant.
Bannis de la terrasse de « Cheeseskate », au coeur de la vie du skatepark, les trois apprentis escrocs auraient décidé de se venger le week-end dernier :
« Ils ont été vus le soir en train d’incendier des poubelles juste derrière. Une des poubelles aurait ensuite été placée contre le rideau de la boutique puisque c’est là qu’on a retrouvé les roues et l’axe. Ensuite les flammes se sont rapidement propagées à l’intérieur, puisque à l’arrivée des pompiers tout avait déjà brulé », nous explique Antoine en montrant du doigt les débris devant le magasin.
Cet après-midi, Antoine et ses deux garçons commençaient à nettoyer ce qu’il reste du magasin. Mais pour le père de famille, la question de la reprise de son activité sur le skatepark se pose sérieusement : « On ne peut pas travailler dans ces conditions là, ça c’est certain ».
Quant aux trois suspects, ils seraient actuellement recherchés par les forces de police.