Rassemblement jeudi 5 juin devant la préfecture pour l'abrogation de la retraite à 64 ans

Pour pousser les députés à voter la résolution pour l'abrogation de la retraite à 64 ans, les syndicats CGTR, FSU et SAIPER appellent au rassemblement ce jeudi à 9h devant la préfecture. Même si la résolution n'est pas contraignante, l'enjeu reste de mettre la pression sur le gouvernement en l'affichant en minorité au parlement.
Après une bonne douzaine de manifestations en 2023 pour marquer leur opposition à la réforme des retraites, les syndicats réunionnais se mobilisent de nouveau ce jeudi 5 juin, fixant cette fois le rendez-vous devant la préfecture (9h). Deux ans après les grandes batailles contre le gouvernement d'Élisabeth Borne, passée entre temps de Première ministre à ministre de l'Éducation nationale, elles ne sont désormais plus que trois organisations (CGTR, FSU et SAIPER) à suivre le mouvement national de grève et de manifestation.
« C'est une guerre d'usure qu'on a menée contre nous, c'est pour ça qu'on est si peu nombreux », analyse Marie-Hélène Dor, secrétaire départementale de la FSU, tandis que le secrétaire général de la CGTR Jacky Balmine abonde : « On a eu des millions de personnes dans la rue, et même la mobilisation des gens aux élections n'a rien changé. Mais c'est important pour nous de continuer le combat, on sait qu'on a raison de le faire ».
L'initiative du groupe Gauche démocrate et républicain (GDR) à l'Assemblée nationale, qui va présenter ce jeudi 5 juin une proposition de résolution pour l'abrogation de la retraite à 64 ans dans le cadre de sa journée d'initiative parlementaire, pourrait bien relancer le débat sur la réforme d' Élisabeth Borne, adoptée à l'époque sans consultation des députés. Pour appuyer Emeline K/Bidi et son groupe parlementaire, les syndicats de gauche vont tenter de mobiliser leurs troupes dans une tentative de convergence des luttes.
« 100 milliards d'euros de dividendes versées aux actionnaires en 2024 »
Avec le soutien attendu du Rassemblement national, l'initiative du groupe GDR pourrait bien rafler une majorité de voix. « Le RN se positionne comme le faiseur de roi à l'Assemblée, on le sait, mais il n'a jamais eu la fibre sociale. Il s'est saisi de ce sujet populaire car c'est, par essence, un parti populiste. Bardella est moins clair sur le sujet de la retraite quand on entre dans le détail, mais c'est normal : le RN doit être libéral car il est au service du patronat », observe Marie-Hélène Dor.
Peu encline à accorder du crédit au conclave de l'actuel Premier ministre François Bayrou sur les retraites, l'intersyndicale « demande qu'une véritable démocratie s'exprime, y compris parlementaire ». La CGTR avance même ses propres pistes de réflexion pour financer l'abrogation de la retraite à 64 ans, une mesure qui coûterait 15 milliards d'euros d'ici 2030.
Dénonçant les « 100 milliards d'euros de dividendes versées aux actionnaires en 2024 », le syndicat estime que la mise en place de l'égalité salariale entre les hommes et les femmes rapporterait 6 milliards d'euros, tandis que la lutte contre la fraude aux cotisations sociales pourrait ramener 6 à 8 milliards d'euros dans les caisses de l'État. D'autres mesures sont évoquées, comme l'augmentation de +1% des cotisations sociales vieillesse sur la part patronale, qui pourrait rapporter de 5 à 6 milliards d'euros.
Augmenter les recettes plutôt que réduire les dépenses. Une façon pour les syndicats de tordre le cou au discours politique ambiant, mais aussi de rappeler que le régime de retraite par répartition, instauré en France en 1946 dans le sillage de la création de la sécurité sociale par le Conseil national de la résistance, a toujours été décrié comme trop coûteux par les partis de droite.


