Monique Orphé: "La lutte contres les violences faites aux femmes est un combat d’avant-garde"

Lors d'une conférence de presse hier et à l'occasion de la journée mondiale de l'élimination des violences faites aux femmes, la députée socialiste, Monique Orphé, a tenu à rappeler les principales avancées obtenues depuis la loi du 4 août 2014 pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes. Le projet de loi, présenté par Najat Vallaud-Belkacem, avait été étudié par la Délégation de l’Assemblée nationale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Monique Orphé a co-rédigé le rapport d’information et a été nommée rapporteure pour cette délégation, sur le volet "protection des femmes contre les violences et les atteintes à leur dignité".
Pour Monique Orphé, "la lutte contres les violences faites aux femmes est un combat d’avant-garde. (…) Un combat loin d’être gagné, beaucoup reste à faire : il faut rester mobilisé. La loi permet des avancées mais il faut aussi changer les mentalités en profondeur", affirme-t-elle.
Vice-présidente de la délégation de l'Assemblée nationale aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes, l'élue rappelle qu'il n’y a que trois délégations à l’Assemblée Nationale (une sur l’égalité hommes-femmes, une sur le renseignement et une sur l’Outre-mer). Cette délégation a pour mission d’informer le Parlement des conséquences, en termes de droits des femmes et d’égalité entre les hommes et les femmes, de la politique gouvernementale. Elle est à l’origine de propositions comme celle proposée localement sur l’extension de l'ordonnance de protection à 6 mois (contre 4 auparavant).
"Il faut extraire l'auteur des faits du domicile familial"
Cette nouvelle loi permet des avancées sur plusieurs points, selon la députée socialiste. D'abord sur le traitement des violences psychologiques. Elles sont difficiles à prouver mais "dévastatrices pour la victime". La loi avance sur la prise en charge des auteurs avec le stage de responsabilisation. Et Monique Orphé préconise d'aller "plus loin notamment en cas de récidive avec un accompagnement approfondi et personnalisé".
La loi avance également sur l’éviction du conjoint ou mari violent du domicile familial. "Il faut extraire l'auteur des faits du domicile familial et non la femme car la victime ne doit pas être pénalisée une nouvelle fois en étant forcée de quitter son domicile. Afin de répondre à cette problématique, pourquoi ne pas créer des structures d'accueil pour hommes violents ?", propose-t-elle.
Monique Orphé est par ailleurs satisfaite de voir que, généralisé en métropole, le téléphone Grand Danger sera mis en place à la Réunion début 2015.
Enfin, ce jeudi 27 novembre, Monique Orphé interviendra à l'Assemblée nationale au sujet des délais de prescription de l'action publique en cas d'agressions sexuelles. Son groupe ne soutiendra pas la proposition de loi soumise par l’UDI car il pense qu’il faut une loi plus ambitieuse qui n’aborde pas le problème uniquement sous l’angle des délais de prescription. "Nous voulons un vrai travail de fond sur ce sujet encore extrêmement tabou. Un travail pour aider les femmes à briser le silence", conclut la députée socialiste.
Ce 25 novembre, Monique Orphé se trouve aux côtés de la déléguée régionales aux droits des femmes et à l'égalité entre les hommes et les femmes, Nadine Caroupanin, sur le parvis des droits de l'Homme à Champ Fleuri. Accompagnées d'environ 200 jeunes, elles se mobilisent à l'occasion de cette journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes.


