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Les (vieux) amants terribles : 42 ans de râlés-poussés éthyliques

Correctionnelle Sud – Jeudi 26/10/2017
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 26 octobre 2017 à 14H51

La chanson des " Vieux amants " de Brel pourrait leur inspirer un certain art de vivre sinon de la compassion, voire de l’empathie. Mais comme chante Brassens, " le temps ne fait rien à l’affaire/ Quand on est con, on est con ! ".

Voici 42 ans que ces deux-là partagent une vie soi-disant commune. A savoir qu’ils sont ensemble et que lorsqu’il a tuturré la boutanche, il devient violent.

" Papa i tape momon "

Joseph et Marie, sa chère et tendre, ont une vie commune quelque peu agitée : quand il a picolé, c’est-à-dire souvent, il jure, insulte, vitupère, apostrophe le Seigneur et tous ses diables et surtout sa femme.

Le1er. mai 2017, à 21h30, les gendarmes de Saint-Joseph sont avertis par un des enfants du couple que leur papa est en train d’assaisonner maman. Il est pété comme un fruit-à-pain trop mûr.

A leur arrivée, ils sont accueillis par un furibard qui, effectivement, " marche en crabe " comme dit gramoune. Bref, plus bourré qu’une calebasse z’habitation.

La maman avait appelé son fils parce que son légitime coquin lui avait collé un pain en pleine poire.

Explication simple : le matin, comme toujours, pépère était allé soulager ses potes de leurs fonds de bouteilles. En y mettant du coeur. Sa tantine l’appelle pour lui dire qu’elle aurait besoin du véhicule ; il rentre donc à la maison en pétard et là, prétend que commère l’aurait accueilli couteau à la main.

" Il m’a cognée d’entrée "

Là, les versions divergent.

Lui : " Je l’ai repoussée à cause du couteau ".

Elle : " Il a cogné d’entrée ".

Elle porte plainte, certificat médical à l’appui : un gros hématome à la face (plein la gueule pour pas un rond, le " manioc ") et 3 jours d’ITT.

Lui : " Meu non ! Je l’ai repoussée, c’est tout ".

La présidente Dinot : " Vous l’avez repoussée un peu fort, non ? "

NDLR : c’est tout le drame de l’incompréhension orthographique, en ces temps où domoune i conné pu cause comme qui fo ! Pour certains, une claque s’entend tous sens confondus. Même quand on oublie d’ouvrir ses 5 doigts !

Bref, selon l’enquête, pépère est coutumier du fait : quand il a bu, il ne sait plus où est la porte d’entrée.

Le plus dramatique, et je pèse mes mots, c’est qu’après avoir porté plainte contre son picoleur-cogneur, bobonne a écrit au procureur pour la retirer, sa plainte. Procureur qui n’en a tenu aucun compte, et nous l’en félicitons : rien ne justifie des coups !

A préciser que lorsque je suis parvenu devant le Palais de justice ce matin, à 7 heures (oui, cousin, 7 heures ! Tu vois si je t’aime…), ils étaient là, sur un petit banc, les mains entrelacées, amoureux si j’ose dire. Une telle connerie, ça mérite le Purgatoire avec mille coups de pompe au train en guise de bonus. D’ailleurs, elle y est déjà ! Pareil dans la salle d’audience : c’est elle qui le couvait de toutes ses attentions, lui massait l’avant-bras (le reste est interdit !) A se la prendre et se la mordre !

Parce que se sentir coupable quand on est victime, c’est du délire. Et malheureusement trop courant.

Encore une  victime " coupable "

Tous les témoignages, toutes les enquêtes disent que pépère est coutumier du fait : il aime picoler et, quand c’est chose faite, il s’en prend au bon Dieu et à ses saints… et surtout sa chérie, qui est là, directement à portée de main. Plus facile pour cogner.

Toutes ses dénégations n’y ont rien fait : les témoignages, les rapports… Surtout le plus marrant à l’audience : " Oui, je maintiens mes déclarations aux gendarmes et médecins. Mais… peut-être est-ce ma faute, non ? Je m’étais emportée ce jour-là… "

Encore une victime coupable de n’avoir rien fait de répréhensible.

Cela durera combien de siècles encore ?

Quatre mois avec sursis pour ce pauvre, malheureux de posséder une femme qu’il bat.

Ils sont repartis main dans la main de la salle d’audience.

A quand la prochaine baston ?

NDA : cette affaire m’a révolté : il n’y a AUCUNE raison de frapper une femme. Aucune ! Ni de dire qu’on est coupable quand on est victime.

 

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