Koman zot i écrit le kréol ?

S’il y a bien un endroit où la façon d’écrire le créole fait débat, c’est dans les publicités.
Sur les panneaux publicitaires, l’écriture varie d’une campagne à l’autre, d’un annonceur à l’autre. Pour une célèbre bière locale on peut lire “La Réunion lé doss”. Un concessionnaire automobile s’autorise un jeu de mots avec "Si ou condui, lo rhom lé à ranzé”. Pour un industriel spécialiste de la cuisine réunionnaise : “Ou fé pas le poids”, face à “des grains gadyamb, en 5 minutes, évidemment” ; une assurance propose une “couverture péi”, et la ville de Saint-Denis assure que "Camélias, sa lé gayar”.
Les annonceurs ne semblent pas parvenir à s'accorder sur une seule et même façon d'écrire.
Pour Mall Zakaria, directeur de l'agence Komkifo, "il y a souvent un manque de recherche sur la graphie, pourtant il en existe quatre."
Une langue, 4 écritures
L'association, qui a pour but de valoriser le créole réunionnais dans le cadre du bilinguisme français/créole, reconnaît aujourd’hui quatre graphies du kréol réunionnais. Il existe une écriture étymologique, francisée.
En 1977, “Lékritir 77” fait son apparition, ici, “I ékrir konm i pronons”. Puis, l’ékritir KWZ qui arrive en 1983, et se distingue de Lékritir 77 avec l’introduction des “w” et “y” en semi-voyelle. 2001 voit apparaitre l’ékritir Tangol, qui ne fait pas non plus l'unanimité.
C’est une graphie phonétique qui revient à toutes les propositions de 77 que KWZ avait remis en cause, proposant une série de tolérances et se veut au-dessus des variétés de créole.
Toutes ces façons d'écrire le Kréol de La Réunion sont enseignées à l'Université de La Réunion.
Et pou zot, koman i écrit kréol ? #SaMemKreol


