Kréol lé O, Kréol lé Ba : "Un cari kozé"

“Moin lé pas sur que n’a deux sortes de kréol à La Réunion, mais mi remarque que le moun’ dans les bas y koz pas comme nou. Des fois, y moukate a nou, y dit nou chante. Les vrai nous chante un peu quand nous koz, mais mi trouve lé plus joli”. Voici la vision d’une Yab’ les Hauts de sa langue maternelle.
Au Port, “bana y calcul nou fé peur”
Après avoir déménagé dans le Sud, une Portoise nous raconte les premières différences notoires qu’elle a pu constater : “Kan m’a arriv’ dans les Hauts, mi n’avais l’impression d’être vréman différent, sirtou par rapport mon façon kozé. Dousman dousman, m’a commence komprann lo band expression, et té fé ri, parce que bana té dit mi koz en “kaniar”. Kom si mi té en “grène”. Vu nout’ façon kozé, bana y kalkul nou fé peur au début, quand zot koné pas aou. Astèr, nou la fini habituer”, confie t-elle.
Une barrière de la langue ?
Si vous êtes passés par le lycée Antoine Roussin à Saint-Louis, ou celui de Roland Garros au Tampon, vous avez peut-être constaté que des groupes linguistiques se forment, en tout cas, au début de l’année… Ces deux lycées accueillent des élèves des Hauts, notamment de Cilaos, qui y suivent dans la plupart des cas une scolarité en internat. Dès les premiers jours de cours, les élèves du cirque se retrouvent entre eux. Plusieurs raisons à cela, ils ont grandi ensemble, se connaissent, se rassurent et vivent ensemble une nouvelle expérience. Ils quittent leurs repères et doivent s'adapter à un nouvel établissement, de nouveaux élèves, mais aussi une nouvelle façon de s’exprimer. Dans la cour, souvent les “lu” s’estompent pour devenir des “il” ou des “li” pour s’adresser aux nouveaux copains, les “élèves des Bas”...
"Un cari kozé"
D’un coin à l’autre de l’île, malgré les sonorités variées, il n’y a qu’un seul kréol réunionnais ! "Chacun' y fait son mélange, son cari kozé mais tank' nout' toute y comprend lé bon" explique Michoue, conteuse réunionnaise.
Et pou zot, #SaMemKreol ?


