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Je t’aime, mon petit punching-ball favori. Je t’aime, j’te cogne, mais c’est ta faute !

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 10 novembre 2017 à 12H02

Ils sont restés 6 ans ensemble, Karl, 30 ans, et son épouse, à peine plus jeune. Lui à cogner, elle à encaisser. Paraît que c’est " elle qui a commencé ".  Notez qu’il est costaud, style gros butor sanguin. Elle 1m50, 45 kilos toute mouillée.

Et une cheville fracturée, une !

Les coups à répétition ont commencé dès le début de leur union, en 2011. " Parce qu’elle m’a avait tapé, une claque ; alors j’ai rendu ". Ben voyons ! Et durant toutes ces années, malgré la présence de deux enfants, cela s’est poursuivi. Avec parfois des épisodes graves.

Comme la fois où elle a eu la cheville droite fracturée par le choc contre le pied métallique d’une table. Selon son tendre époux, elle se serait fracturée la cheville toute seule " parce qu’elle est hystérique et trop nerveuse, trop violente aussi ". Ah ! ben fallait le dire, aussi. On ne compte plus le nombre de fois où le punching-ball vivant (pardon, sa femme) s’est réfugié dans la salle-de-bains pour échapper à ses caresses trop appuyées.

Une fracture qui lui a valu d’être plâtrée des mois durant, signe que le mal était loin d’être bénin.

La victime, c’est lui

Un jour, elle a décidé enfin de porter plainte puis, aux enquêteurs, a finalement avoué " que c’était de ma faute, aussi, j’aurais dû tenir compte de ce qu’il avait lui-même été battu sévèrement par son père durant toute son enfance ". Seules les mauvaises langues parleront de syndrome de Stockholm.

Karl ne se privera pas de répéter tout ça à l’audience, ce qui a provoqué la réflexion suivante de Me Boucher : " A la limite, la victime, c’est lui, le pauvre ! "

Restent à la charge du cogneur des certificats médicaux, nombreux, faisant état de lésions, tuméfactions, oedèmes et traces aussi diverses qu’honteuses. Et quelques déclarations selon lesquelles il l’aurait, pour rire bien sûr, " balancée " dans une porte, dans les vantaux de la fenêtre, contre un meuble, dans la salle-de-bains…

Les traces ? Elle se les est faites elle-même, voyons. « Rien que pour m’embêter ».

Le couple finira par s’installer dans le Sud de la France quelque temps. Où il s’essaie aux études d’infirmier mais sans trop insister : " Il traînait beaucoup ici ou là, à boire avec ses copains, sans chercher vraiment à travailler ", dira la victime aux enquêteurs ; lui affirme le contraire dur comme fer.

" Sans cadavre, pas de meurtre ! "

Pour faire bon poids, il y a les menaces de mort répétées. Il la menace de la jeter du pont de l’Entre-Deux dans ses propres bras. Ou alors de l’enterrer dans une forêt primaire des Hauts : " Sans corps, sans cadavre, il n’y a pas de meurtre ".

" J’avais dit ça comme ça ; ce sont des paroles en l’air ". Mouais ! Et d’ajouter aussitôt : " Parce que c’est elle qui avait commencé à parler de se suicider. J’ai embrayé dessus pour qu’elle arrête ".

Je vous le dis : c’est elle la fautive et lui un malheureux incompris victime des turpitudes de son épouse chérie. Parce que " si je suis resté avec elle, c’est parce que je l’aime ". Comme le chat aime la souris, sans doute ?

Au point de la battre quand elle était enceinte ? " Oui mais… je ne cognais pas n’importe où, pas dans son ventre, quand même ! " Ouf ! nous voici rassurés sur la pureté de ses intentions. Quand on vous dit qu’il est brave, ce gars.

Outre le fait que " c’est elle qui a commencé ", il a trouvé un autre motif de défoulement : une fois, il l’a vue qui parlait à un homme dans la rue. Cette fois, il la menace de lui plonger la tête dans le lavabo : " Là au moins, tu pourras gueuler tant que tu veux, personne ne t’entendra ".

Dernière minute : elle boit.

Tirée par les cheveux, traînée au sol comme aux temps joyeux de Cromagnon, bourrée de coups de pied, de poing, bousculée, jetée au sol parce qu’il aurait " trouvé des discussions chaudes " dans l’ordinateur de son épouse. Conversations qui n’ont jamais été retrouvées par les enquêteurs.

Mais, prétend-il, elle boit. Voilà qui est nouveau ; ça vient de sortir. Il la cogne donc dans un meuble parce que c’est comme ça qu’il entend faire passer son alcoolisation. Et la sienne alors ? Et son addiction aux stupéfiants ?

Emilienne (prénom d'emprunt) va rester avec cette brute " en pensant toujours qu’il finirait par changer ". C’est ce que croient toutes les femmes dans son cas, hélas.

Le procureur Saunier s’est montré plutôt clément envers cet homme dont il a néanmoins fustigé les réactions disproportionnées aux coups portés par sa femme. Car cette dernière l’a confirmé : la première gifle, c’est bien elle.

Huit mois avec sursis et mise à l’épreuve de 18 mois. Interdiction d’entrer en contact avec son petit sac de sable personnel. 1.500 euros de dommages-intérêts. Obligation de soins pour ses différentes addictions. Pas cher payé.

P.S. : Je me demande, avec tout le respect que je leur dois, si la présidente Peinaud et le procureur Saunier ont bien mesuré tout le drame et la bonne volonté de Karl : il s’est essayé aux études d’infirmier. Si cela n’a pas marché, c’est pas de sa faute : ses intentions étaient d’une pureté cristalline. Il voulait être prêt à la sauver au cas où il aurait cogné de façon un peu trop létale. C’est d’une évidence, allons…

 

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