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Incendies du Maïdo: Patrice Nirlo n’en était pas à son coup d’essai

Depuis ce matin a débuté le procès aux assises de Patrice Nirlo, le pompier supposé pyromane à l’origine des incendies qui ont ravagé le parc national du Maïdo en 2010 et 2011. Les audiences ne font que débuter, mais les révélations tombent peu à peu.
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 3 février 2016 à 18H28
Sous le feu des questions de Pierre Martello, l’avocat général, l’ancien sapeur-pompier se fige peu à peu. Le magistrat commence par soulever la "démarche de sincérité" dont fait preuve Patrice Nirlo: "vous avez facilité l’enquête, en passant aux aveux, vous avez reconnu des faits" . Mais l’avocat général met le doigt sur une question jusqu’alors restée floue. Était-ce le premier incendie allumé par le sapeur-pompier? En était-il à son coup d’essai ?

"Oui, il y a eu d’autres incendies"

"Vous devez aller plus loin dans vos explications, combien d’incendies il y a-t-il eu !", insiste Pierre Martello. À ce moment précis, Nirlo apparait tiraillé par sa conscience et lâche un timide "oui, il y en a eu d’autres". Moment de stupeur dans la salle d’audience et dans la foulée l’ancien pompier reconnaît un incendie en 2008 dans une ravine près de chez lui. Il reconnaît également être à l’origine de 3 à 4 départs de feu tous les ans en période sèche.

2008 est l’année de sa prise de fonction au sein des sapeurs-pompiers. L’homme n’a eu de cesse de répéter pendant les auditions qu’il était frustré des missions de sapeur-pompier, pour qui les incendies ne représentent que 8% des sorties.

L’explication de tels gestes reste la même depuis le début du procès. Patrice Nirlo affirme ne pas avoir eu conscience des dégâts. "Je ne le voyais pas comme je le vois maintenant. C’est vrai que ce n’est pas facile à comprendre, mais je ne voyais que la partie travail. Combattre le feu, c’était ma mission,  ma passion. Ma tenue ne me quittait jamais, elle était comme cousue sur moi".

Une allumette dans la main, et le lendemain une lance à incendie

Dans une logique de double vie, Patrice Nirlo avait une allumette dans la main, et le lendemain une lance à incendie dans cette même main. Il rentrait chez lui le soir et les incendies du Maïdo faisaient partie de la conversation du dîner.

Depuis ce matin, la défense n’a eu de cesse de souligner le dévouement qui au final a perdu le sapeur-pompier. Le statut social de l’homme surnommé "l’encyclopédie" reposait entièrement sur sa fonction. Aujourd'hui, après deux ans de détention, il déclare avoir "sacrifié sa famille et trahi tout le monde. J’ai honte".

 

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