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Fête de la nature : à Saint-Benoît, l’ENS redonne vie à la forêt de bois de couleur

Ecrit par Philippe Madubost – le jeudi 15 mai 2025 à 14H47
Lors de la première visite organisée hier dans le cadre de la Fête de la nature, le public a pu apprendre à planter un arbre endémique.

À Saint-Benoît, l’ancienne forêt de bois de couleur de moyenne altitude renaît petit à petit grâce au travail de l’APMNEST qui gère l’ENS (Espaces Naturels Sensibles) de Sainte-Marguerite. Un travail de longue haleine à découvrir jusqu’à dimanche dans le cadre de la Fête de la nature, pour découvrir la flore endémique et devenir à son tour acteur, en plantant un arbre dans la forêt et pourquoi pas ensuite dans sa cour.

Thierry Ferrol a au moins deux bonnes raisons de se lever le matin. Il travaille dans un cadre magnifique et protégé, l’ENS de Sainte-Marguerite, dans les Hauts de Saint-Benoît. Et il participe chaque jour à redonner vie à la biodiversité de La Réunion et en particulier à l’ancienne forêt de bois de couleur de moyenne altitude. La forêt des origines, qui s’étendait ici en toute plénitude avant que l’homme et les espèces exotiques ne la fassent reculer.

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A la création de l’ENS en 2000 (le premier de l’île), il ne restait plus que des “reliques”. La partie basse était envahie par des friches et les pestes exotiques. L’ancien propriétaire, la sucrerie de Beaufonds, trouvait ici les bois pour chauffer l’usine. Une autre époque. Le site est aujourd'hui protégé. Un exemple de reconquête sur les pestes exotiques.

« La partie basse était très dégradée, il a fallu tout restaurer », décrit l’animateur et responsable de la pépinière de l’APMNEST (Association de Protection des Milieux Naturels de l’Est), qui gère l’ENS pour le compte du Département (la forêt est départemento-domaniale).

L’APMNEST fait découvrir l’ENS tout au long de l’année au public et aux scolaires.

Plus de 10 000 arbres plantés

Le travail effectué est colossal : avant de replanter, il a d’abord fallu défricher. Après une phase d’essai, les plantations ont réellement débuté à partir de 2017, à raison de 4 plants par m². Depuis, ce sont plus de 10.000 plants qui ont été mis en terre après avoir poussé dans l’une des pépinières déployées par l’association sur le site. 

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Le rythme doit atteindre désormais plus de 7.500 plants par an. Un travail de longue haleine qui a permis de redonner vie à plus de 4 ha de la forêt des origines, soit quasi le double des reliques qui subsistaient à la création de l’ENS. Chaque arbre planté fait grossir le bilan du plan d'un million d’arbres du Département. 

Pas de grands arbres : les espèces endémiques ont davantage des allures d’arbustes, plus adaptés pour résister aux vents à cette attitude. « Ici ils ne dépassent pas les 1,50 mètre », décrit Thierry.

Une fois les arbres plantés, le travail est loin d’être terminé. Il faut sans cesse revenir pour empêcher les espèces exotiques de repousser. Une tâche que les 7 employés et les 20 techniciens en contrats aidés répètent sans cesse.

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Une invitation au voyage

On retrouve la plupart des espèces de la flore indigène et endémique. Des arbres dont les noms, à eux seuls, sont une invitation au voyage : bois de cabri blanc, bois de banane, bois de joli cœur, bois de café marron, bois de piment… Certains sont des survivants, à l’image de ce foulsapate marron ou Mahot bâtard (Hibiscus boryanus) « dont on a retrouvé un fruit dans la partie haute ; on a 500 plants aujourd’hui ».

Pas moins de 42 variétés sont produites ici en pépinière avant d’être plantées : bois d’hosto, takamaka, quinquina, bois maigre, change écorce, petit natte, vacoa de sous-bois… Autant d’espèces que le public est invité à découvrir tout au long de l’année via des visites guidées payantes ou gratuitement à l’occasion de la Fête de la nature et en octobre durant les Rendez-vous nature. 

L’accès à l’ENS est en revanche gratuit et ouvert à tous toute l’année. Une belle idée de promenade pour une bouffée d’air dans les Hauts. Le pique-nique est par contre interdit, ainsi que le camping et allumer un feu. 

À l’image de ce petit natte, plus de 10 000 arbres ont été plantés pour redonner vie à la forêt des origines.

Quand on connaît, on protège

Guidé par les animateurs de l’association, le public apprend à reconnaître les espèces et leurs bienfaits, de nombreuses variétés ayant des propriétés médicinales. « On leur fait reconnaître les plantes et, quand les gens connaissent, ils aiment et protègent », commente l’animateur.

Un atelier de replantation termine la visite. Une invitation à faire de même dans sa cour ensuite, en repartant de l’ENS avec un plan adapté à son secteur.

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Ce que s’apprêtait à faire Johnny hier, une fois sa plantation d’un bois d’hosto terminée : « C’est un plaisir de continuer à découvrir nos plantes endémiques, comment les discerner, les différencier et de participer à la plantation ». Si aucune espèce indigène ne poussait jusqu’à présent dans sa cour, il va se laisser tenter par un takamaka, avec un suivi offert par l’association. ”Si des essences deviennent rares en forêt, c’est une sécurité que des semences existent chez les particuliers”, juge l’animateur.

Comme Sainte-Marguerite à Saint-Benoît, ce sont 40 ENS et autant d’associations, financés par le Département, qui permettent, année après année, de reconquérir des hectares aux espaces exotiques. Ils vous ouvrent leurs portes jusqu’à dimanche, dont 18 chantiers participatifs de plantations d’espèces endémiques et indigènes (sur réservation au 0261 97 59 59).

À Saint-Benoît, les prochaines visites sont programmées samedi et dimanche de 8h30 à 11h30 (20 places disponibles).

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