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Emmanuel Macron annonce la dissolution de l'Assemblée nationale

Suite aux résultats des élections européennes où le RN est sorti en tête au niveau national devant le parti présidentiel, le président de la République s'est exprimé lors d'une allocution. Il prend la décision de dissoudre l'Assemblée nationale. De nouvelles élections législatives auront lieu le 30 juin et le 7 juillet.
Ecrit par N.P. – le dimanche 9 juin 2024 à 23H07

Le président de la République a décidé de dissoudre l'Assemblée nationale en réponse aux résultats des élections européennes qui ont vu le RN sortir en tête du scrutin, devant le parti de sa majorité. En 2019, le Rassemblement national avait déjà battu Renaissance, mais que d'un point. Le RN a cette fois obtenu 31,57% et se place loin devant la liste de la majorité présidentielle qui ne récolte que 14,57% des suffrages. L'union Place Publique/Parti socialiste portée par Raphaël Glucksmann passe même tout près de dépasser le parti d'Emmanuel Macron avec 13,78% des voix.

Emmanuel Macron a donc pris acte des résultats et dissout l'Assemblée nationale afin de demander aux électeurs de choisir leur majorité. Il a déclaré dans une allocution : "J'ai entendu votre message, vos préoccupations, et je ne les laisserai pas sans réponse. Soyez certain d'une chose : ma seule ambition est d'être utile à notre pays que j'aime tant, et de vous servir. La France a besoin d'une majorité claire pour agir dans la sérénité et la concorde. Choisir d'écrire l'histoire plutôt que de la subir, c'est maintenant. Vive la République, vive la France".

 

Sous la Ve République, c'est la sixième fois que le Président prend la décision de dissoudre l'Assemblée. Mais c'est la première fois que le chef de l'État provoque des élections législatives en réponse à un scrutin européen.

Charles de Gaulle avait fait ce choix deux fois, d'abord suite à une motion de censure contre le gouvernement et ensuite en réaction aux événements de Mai 68. François Mitterrand l'avait fait après chacune de ses deux élections à l'Élysée pour se débarrasser des majorités parlementaires qui lui étaient à chaque fois hostiles.

Jacques Chirac est le dernier chef de l'État à avoir dissout l'Assemblée nationale en 1997. Son objectif était à l'époque d'anticiper les élections législatives afin de conforter sa majorité, trop effritée à son goût, à l'approche de réformes d'austérité. Mais le résultat a été tout autre, le Palais Bourbon a basculé à gauche, provoquant la cohabitation au gouvernement : un Président de droite, Jacques Chirac, allié à un Premier ministre de Gauche, Lionel Jospin.

 

Pas de nouvelle loi jusqu'aux élections

 

Les 577 députés vont donc devoir quitter leur poste. Ils pourront tenter de reconquérir leur siège le 30 juin et le 7 juillet prochain. Jusqu'à présent, le parti présidentiel avait le plus grand nombre d'élus (169). Mais le groupe parlementaire favorable au gouvernement, qui comprend Renaissance, le MoDem et Horizons, ne compte que 250 représentants face aux 320 sièges acquis aux différentes formations qui composent l'opposition, de l'extrême-droite à l'extrême-gauche.

Emmanuel Macron souhaite donc que les Français s'expriment à nouveau afin de dégager une majorité "claire" pour pouvoir gouverner. Il va d'ailleurs s'exprimer à nouveau afin de dévoiler son plan pour la France durant les deux prochaines années de son dernier mandat.

Il faut aussi noter que la dissolution de l'Assemblée nationale provoque aussi l'arrêt de tous les travaux parlementaires en cours comme le projet de loi sur la fin de vie.

 

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