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Cour d'appel: 18 mois ferme requis à l'encontre de Dominique Gigan, président de la FDSEA

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 19 décembre 2019 à 11H00

 Dominique Gigan, président de la FDSEA (Fédération Départementale Des Syndicats d'Exploitants Agricoles), était jugé en appel ce jeudi. Condamné en septembre à un an de prison pour menaces et violences aggravées, il avait décidé de faire appel de la décision du tribunal correctionnel de Champ-Fleuri.
 
Il est accusé d’avoir été l’instigateur et le plus impliqué du groupe d’agriculteurs qui bloquait les routes pour manifester contre l’industriel sucrier Tereos en 2017. Les faits remontent au 5 décembre 2017, en fin de campagne sucrière, alors que tout le monde est à cran. Deux huissiers sont à la balance de Beaufonds à Saint-Benoît pour constater des faits présumés de "fardage". Certains planteurs étaient soupçonnés de faire peser leur canne mélangée à de la terre, des galets et de la paille. Alors que le contrôleur doit pouvoir insérer une sonde dans plusieurs ouvertures pour calculer la teneur en sucre et donc déterminer le prix de rachat, il y avait parfois des ouvertures bouchées. Et la seule accessible était celle qui contenait les bouts de cannes les plus riches. La quantité et le taux de sucre étaient trop élevés pour une canne qui provenait d’une coupeuse péi. « Il s’agit de fraude et de vol », déclare l’avocat de Tereos.
 
C’est dans ce contexte-là que des échauffourées entre une cinquantaine de planteurs mécontents suite au contrôle d’un chargement et les représentants de Tereos, leurs agents de sécurité et les huissiers éclatent. Dominique Gigan est filmé, énervé, qui bloque l’accès avec son véhicule. Il fait ensuite un geste d’égorgement au personnel, enlève sa chemise et violente un agent de sécurité puis est retenu par son fils. Un attroupement se forme ensuite près de la rampe de dosage et les agents de sécurité prennent la fuite. L’un d’entre eux est pris à partie et un autre planteur du groupe, Clément Dubar, lui assène un coup de poing.
 
Mais c’est Dominique Gigan qui va le plus loin en frappant un agent à la tête avec un galet. Sans ça, il n’aurait pas fait le poids contre un agent de sécurité qui maîtrise la boxe, aurait-il avoué en garde à vue. Selon plusieurs témoins, son véhicule a également foncé sur l’un des huissiers, manquant de peu de le percuter. Mais impossible de dire si c’était Dominique Gigan au volant ; ces faits-là, il les a nié.

"La prison m'a fait prendre conscience"
 
Ce jeudi, l'homme au casier judiciaire qui compte déjà des condamnations pour violences, présente ses excuses et met en avant, une fois de plus, son caractère. "Mais la prison m'a fait prendre conscience et je travaille dessus", affirme-t-il. Le président de la cour confirme que ce n'est pas un comportement acceptable: "Il faut essayer de trouver une solution plutôt que de simplement écraser l'autre. Vous auriez pu repartir si vous n'étiez pas d'accord au lieu de vous comporter comme des Gaulois face au Romains".

Mais repartir aurait signifié une perte importante pour les planteurs, rappelle son avocat Me Frédéric Hoarau, avant de rappeler la pression subie de la part de cette agriculteur qui l'a poussé à bout. "Il y a les pressions entrepreneuriales et syndicales que l'on ajoute à la pression du travail quotidien pour cet homme qui est seul sur son exploitation, explique-t-il, et il s'en est pris à des agents de sécurité d'une compagnie privée. Il ne s'agissait pas de forces de l'ordre mais d'agents employés pour les provoquer". Dominique Gigan évoque une "violation de protocole" et "une fausse méthode de vouloir fouiller dans les chargements" de la part de Téréos. "Si les choses avaient été faites différemment, je pense qu'il n'y aurait pas eu ce débordement".

L'avocat général tente alors d'aborder le sujet de la tricherie de la part des planteurs: "Si vous n'aviez rien à vous reprocher, la méthode ne dérangerait pas". "La question n'est pas là, répond rapidement Me Hoarau, nous sommes ici pour discuter des faits reprochés et non du reste". Revenant donc aux faits, l'avocat général reprend des paroles que Dominique Gigan aurait prononcées lors de sa demande de mise en liberté - en attendant la décision de la cour d'appel - devant la Chambre d'instruction en novembre. "Aujourd'hui vous dites regretter mais il y a quelques semaines, vous aviez dit "Si c'était à refaire, je referais"". Des paroles qui ne figurent pas dans les notes officielles de la chambre d'instruction. Cela ne l'empêchera pas de requérir six mois de plus que la peine prononcée en première instance, à savoir 18 mois de prison ferme. La décision sera rendue le 2 janvier.

 

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